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24 juin 2026

Alibaba conteste sa désignation comme entreprise militaire chinoise devant un tribunal américain

Le géant chinois Alibaba a engagé des poursuites contre le ministère de la Défense américain pour contester son inscription sur la liste noire des entreprises militaires chinoises.

Alibaba conteste sa désignation comme entreprise militaire chinoise devant un tribunal américain

Dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et la Chine, le groupe Alibaba a décidé de prendre les armes juridiques contre le Pentagone. Le géant chinois du commerce en ligne a déposé une plainte devant le tribunal fédéral de San José en Californie, pour contester son inclusion dans la liste noire des entreprises militaires chinoises.

Cette action en justice intervient après que le ministère américain de la Défense a mis à jour, début juin, sa liste des sociétés accusées de collaborer avec l’armée chinoise. Alibaba, qui se présente comme une entreprise spécialisée dans le commerce électronique et les services cloud, nie catégoriquement toute affiliation avec le secteur militaire chinois.

Une décision jugée arbitraire et préjudiciable

Dans sa plainte, Alibaba affirme que sa désignation comme entreprise militaire chinoise est dénuée de tout fondement factuel ou juridique. Le groupe souligne qu’il est dirigé par un conseil d’administration indépendant et que ses produits et services sont destinés au commerce de détail, à la logistique et aux technologies de l’information pour les entreprises, et non à des fins militaires.

La liste noire du Pentagone, qui répertorie actuellement 188 entités, a des conséquences concrètes pour Alibaba. À compter du 30 juin, le ministère de la Défense ne pourra plus conclure de nouveaux contrats avec les entreprises inscrites sur cette liste, ni avec leurs filiales contrôlées. Cette mesure restreint également la capacité d’Alibaba à faire appel à des cabinets de lobbying aux États-Unis, ce qui, selon la plainte, viole les droits garantis par le Premier amendement.

« Les effets se font déjà sentir: des défenseurs qui représentaient Alibaba depuis des années ont informé l’entreprise qu’ils ne pouvaient plus le faire », indique la plainte. Alibaba, dont l’actionnariat est diversifié et dominé par de grandes institutions financières américaines comme JPMorganCitigroup et BlackRock se décrit comme une société cotée en Bourse, loin de toute implication militaire.

Un contexte de tensions sino-américaines

La décision du Pentagone d’ajouter Alibaba à sa liste noire s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales et technologiques persistantes entre les États-Unis et la Chine. D’autres géants chinois comme Baidu (moteur de recherche) et BYD (voitures électriques) ont également été ajoutés à cette liste. Le 11 juin, le groupe pharmaceutique chinois WuXi AppTec a intenté une action en justice contre le Pentagone après avoir été ajouté à cette même liste.

En réaction à ces mesures américaines, la Chine a annoncé lundi sanctionner des dizaines d’entreprises américaines, notamment dans les secteurs de la défense et des terres rares. Cet épisode intervient un mois après la visite à Pékin du président américain Donald Trump censée œuvrer à la détente entre les deux puissances.

La plainte d’Alibaba met en lumière les répercussions économiques et juridiques de la rivalité sino-américaine, alors que les entreprises des deux pays se retrouvent prises dans l’escalade des sanctions et des contre-mesures. Cette affaire illustre également les défis auxquels sont confrontées les entreprises chinoises opérant sur le marché américain dans un climat de méfiance croissante.