La prime d’activité créée en 2016 pour soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs modestes et encourager l’emploi, fait l’objet d’une analyse approfondie par la Cour des comptes. Un rapport présenté au Sénat en juin 2026 révèle des coûts élevés et des effets contrastés sur le marché du travail.
Ce dispositif, qui représente une dépense annuelle de près de 11 milliards d’euros a été évalué à la demande de la commission des finances du Sénat. La Cour des comptes s’est appuyée sur une étude de l’économiste Antoine Bozio et un sondage Ipsos auprès de 6 000 personnes pour dresser ce bilan.
Un coût élevé sans impact significatif sur l’emploi
Selon le rapport, la prime d’activité ne semble pas avoir d’effet notable sur le taux d’emploi. Le sondage Ipsos révèle que 80% des personnes interrogées n’en tiennent pas compte dans leurs décisions professionnelles. Cependant, la prime a contribué à réduire la pauvreté parmi les travailleurs à temps plein.
La Cour des comptes souligne que la prime ne joue pas un rôle incitatif pour les apprentis et les salariés en cumul emploi-retraite. Elle propose de supprimer leur éligibilité, ce qui permettrait d’économiser plus de 300 millions d’euros par an.
Pour renforcer l’impact de la prime sur l’emploi, la Cour des comptes suggère de verser le bonus individuel dès le premier euro gagné. Actuellement, ce bonus est réservé aux personnes touchant au moins 50% du Smic. Cette mesure, dont le coût supplémentaire atteindrait 900 millions d’euros nécessiterait une réduction du barème par le haut.
Le sénateur Arnaud Bazin co-rapporteur spécial, critique le fait que la prime bénéficie principalement aux apprentis touchant plus de 78% du Smic une situation qu’il juge contradictoire.
Évolutions prévues par la loi de finances pour 2026
La loi de finances pour 2026 prévoit une augmentation moyenne de 50 euros par mois pour les bénéficiaires de la prime d’activité, à compter du 1er avril 2026. Cette hausse porte le montant forfaitaire à 638,28 euros et concerne près de 3 millions de ménages.
Cependant, cette augmentation s’éloigne des préconisations du rapport de la Cour des comptes, selon Sophie Thibault présidente de la cinquième chambre de la Cour des comptes. Elle souligne que cette mesure ne répond pas aux recommandations visant à renforcer l’effet incitatif de la prime sur l’emploi.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé cette augmentation en janvier 2026, dans le cadre du budget 2026. Les modalités de cette hausse étaient en cours de finalisation en février 2026, selon le ministère du Travail.


