Depuis le début de l’année 2026, la République française s’est imposée comme le théâtre principal d’incidents violents ciblant les détenants de cryptomonnaies. Le ministère de l’Intérieur a recensé 90 cas d’enlèvements, d’extorsions ou de vols à main armée, soit une affaire tous les deux jours et demi, du nord-Paris jusqu’à Marseille, Toulouse ou Strasbourg. Ces faits, qualifiés d’attaques à la clé à molette contournent le chiffrement numérique en forçant la remise d’actifs grâce à la menace physique.
Statistiques et cibles familiales
Les données de placent la France devant les États-Unis et le Royaume-Uni dans le registre des attaques à la clé à molette. Depuis 2014, le pays apparaît en première position, avec un taux supérieur à 40 % d’incidents où la famille ou les proches de la victime sont visés, contre une moyenne mondiale de 25-30 %. Parmi les exemples les plus retentissants, on compte la tentative d’enlèvement de l’épouse du co-fondateur de The Sandbox Dans d’autres affaires, de nouveaux propriétaires ont été menacés simplement parce que leurs prédécesseurs figuraient sur des listes de millionnaires crypto.
Fuites de données: le carburant du crime organisé
Les experts pointent du doigt deux brèches majeures qui ont alimenté la vague de violence. La première, survenue en 2024, concernait un agent fiscal de la région parisienne dont la fuite a rendu publiques les déclarations de patrimoine incluant les avoirs en crypto. La seconde, en janvier 2026, a touché la société de déclaration Waltio, exposant les informations d’environ 50 000 utilisateurs. Ces bases de données offrent aux criminels une « liste noire » comprenant noms, adresses et estimations de richesse, créant Les défenseurs du cadre DAC8 de l’Union européenne affirment que l’obligation de déclarer ces actifs a paradoxalement fourni une carte routière aux malfaiteurs.
Répercussions au-delà des frontières
Le phénomène n’est pas cantonné à la France. En Belgique et aux Pays-Bas, des cambriolages et des agressions physiques contre des détenteurs de crypto ont été signalés, notamment après la fuite de données de Revolut en septembre 2026. Ces faits montrent que les protections classiques comme les portefeuilles matériels ou les phrases de récupération ne sont plus suffisantes face à la contrainte physique.
Réponses institutionnelles et nouvelle fiscalité
Face à l’escalade, les autorités françaises ont réorienté leur lutte en confiant les enquêtes à la JUNALCO unité spécialisée dans le crime organisé. Les recommandations des experts de cybersécurité s’articulent désormais autour de la sécurité de l’information plutôt que du seul aspect technique: garder une confidentialité stricte sur les réseaux sociaux, adopter des portefeuilles multisignatures et recourir à des portefeuilles anti-contrainte à verrouillage temporel. Parallèlement, le Parlement a adopté, pour 2027, une taxe de 31,4 % sur les plus-values réalisées lors de la conversion de cryptomonnaies en stablecoins soumis au règlement MiCA. Cette mesure élargit l’impôt déjà appliqué aux cessions en euros et risque de pousser les investisseurs vers des juridictions plus clémentes, comme les États-Unis (10-20 % selon le revenu) ou la Grèce (10 %).
En 2025, la valeur totale des transactions crypto imposables en France était estimée à 8,3 milliards d’euros, dont 2,2 milliards provenant de plus-values. Si la nouvelle imposition se concrétise, le pays pourrait perdre une partie de ce flux financier, aggravant



