Les maraîchers français traversent une période particulièrement difficile en cette année 2026. Les canicules successives et la sécheresse persistante ont un impact considérable sur les cultures et les exploitations. Les régions de la façade Ouest notamment la Bretagne sont en première ligne, avec des pertes importantes et des défis économiques et sociaux majeurs.
Les cultures maraîchères comme les salades les artichauts les brocolis et les choux sont particulièrement touchées. Les rayons vides dans les magasins et la hausse des prix sont des conséquences directes de ces conditions climatiques extrêmes. Les maraîchers doivent désormais repenser leurs stratégies pour faire face à ces nouveaux défis.
Les régions et cultures les plus touchées
La Bretagne est l’une des régions les plus affectées par la sécheresse, mais toute la façade Ouest des Landes au Nord en passant par le Centre-Val de Loire subit également de plein fouet ces conditions climatiques. En 2003, l’impact avait été fort, mais la situation s’était ensuite normalisée. Aujourd’hui, les phénomènes extrêmes s’enchaînent sans répit.
Dans les exploitations non équipées pour l’irrigation il n’a pas plu depuis deux mois et demi. En Bretagne seulement 15% des surfaces de légumes sont irriguées. Les salades plantées toutes les semaines ont été détruites par les canicules, entraînant une hausse des prix et des rayons vides dans les magasins. Le matériel génétique disponible n’est pas adapté, et les laitues partent en floraison pour produire des graines au lieu de former une boule.
Dans le bassin nantais les jeunes pousses les radis les épinards et la roquette sont également touchés. Les tomates en serre ont mieux résisté, mais même dans les serres, le pollen a trop chauffé, causant des problèmes lors de la formation des fruits. Dans certaines coopératives, le volume prévisionnel n’est que de 30% cette semaine.
L’impact social et économique
L’impact de ces conditions climatiques extrêmes est également social et économique. Le travail n’est plus linéaire, et les maraîchers doivent faire face à une surcharge de main-d’œuvre. Pour la première fois, certains envisagent le chômage partiel ou le chômage technique. Humainement, la situation est complexe, et les producteurs sont épuisés comme à la fin d’une saison normale.
Les aides du gouvernement seront les bienvenues, car certains maraîchers risquent la faillite. Mettre en place un hectare de production peut coûter entre 15.000 et 25.000 euros. Pour les grosses coopératives les pertes se mesurent déjà en dizaines de millions d’euros.
Les pistes d’adaptation
Face à ces défis, les maraîchers doivent investir pour se préparer à lutter contre ces phénomènes climatiques. La plus grosse erreur serait de croire que cela n’arrivera plus. Il est crucial de monter d’un cran et d’accélérer les investissements, notamment en Bretagne qui est encore en bas de l’échelle.
La première évolution sera de s’équiper pour irriguer. Il faudra créer des réserves d’eau des systèmes et des réseaux d’irrigation et de pompage. Les serres en micro-irrigation l’aspersion et le goutte à goutte sont des solutions pour économiser l’eau.
La recherche doit également avancer. Les nouvelles techniques génomiques (NGT) votées au niveau de l’Union européenne après dix ans de discussions, pourraient apporter des solutions. Ces techniques permettraient de développer des plantes plus résilientes résistantes à la sécheresse et aux températures élevées
En France il y a environ 220.000 hectares de terres dédiées aux légumes, dont 7.500 hectares d’abris froids et environ 1.300 hectares de serres chauffées. Il est essentiel d’accélérer sur les abris froids et d’augmenter la surface de cultures protégées d’au moins 30% dans les dix années à venir, soit 2.000 hectares de plus. Cependant, l’administration demande des études invraisemblables, ce qui décourage les maraîchers.



