Les banques centrales ne peuvent plus ignorer les impacts du changement climatique et de la dégradation de la nature sur l’économie. Ces enjeux, autrefois considérés comme périphériques, sont désormais au cœur de leurs préoccupations. Une évolution qui s’impose face à l’ampleur des risques systémiques identifiés.
En 2026, les dommages économiques liés aux événements climatiques extrêmes ont atteint au moins 200 milliards de dollars à l’échelle internationale, un montant deux fois supérieur à celui des années 2000. Ce constat, issu d’un rapport du NGFS (Réseau des banquiers centraux et des superviseurs pour le verdissement du système financier), marque un tournant dans la perception de ces risques.
L’urgence d’une approche proactive
Pour les banques centrales, l’enjeu est double: anticiper et agir. Ignorer ces risques reviendrait à compromettre leur crédibilité et leur capacité à assurer la stabilité financière. Une étude de la Banque de France révèle par exemple que la dégradation de la nature pourrait entraîner une hausse de l’inflation alimentaire de 2 points de pourcentage en France.
Cette prise de conscience se traduit concrètement dans les actions des institutions. La BCE a Un signal fort qui marque la fin de l’approche périphérique de ces enjeux.
Vers une intégration systémique des risques climatiques
Les banques centrales doivent désormais intégrer les risques climatiques dans leurs analyses économiques et financières. Cela implique de mieux mesurermodéliser et anticiper les impacts du climat et de la nature sur l’économie. Une tâche complexe en raison de la nature incertaine et parfois irréversible de ces risques.
La supervision financière doit également évoluer pour prendre en compte ces nouveaux risques. Les banques et les assureurs doivent identifier leur exposition aux risques climatiques, comme les vulnérabilités face aux sécheresses, aux inondations ou à la hausse du prix de l’énergie. Le cadre prudentiel européen, renforcé depuis janvier 2026, va dans ce sens.
Des actions concrètes pour une finance durable
Les banques centrales ne se contentent pas de demander des efforts aux autres. Elles appliquent également ces principes à leurs propres activités. La Banque de France a
Au niveau international, les banques centrales et les superviseurs structurent une réponse collective au sein du NGFS. Cependant, le chantier reste considérable. Les institutions doivent encore mieux mesurer les effets du réchauffement climatique et de la dégradation de la nature sur l’économie et la finance.
Mobiliser les fonds pour une transition écologique
Face au défi climatique, la mobilisation des fonds est essentielle. Les investissements climat reposent sur une combinaison de financement public de fonds climat et de partenariats public-privé complétés par des instruments de dette verte.
Les fonds climat jouent un rôle de catalyseur dans les cycles budgétaires et facilitent l’accès à des ressources dédiées à l’adaptation et à la décarbonation. Les obligations vertes constituent un levier reconnu, tout comme les partenariats public-privé qui permettent de partager risques et expertises sur des projets d’envergure.
Des exemples concrets montrent que les projets d’adaptation, comme la réhabilitation thermique, exigent une coordination fine entre acteurs publics et privés. En 2026, la ville de Colmar a démontré qu’il est possible de combiner projets de réhabilitation thermique et mobilisation de ressources locales pour améliorer la résilience des quartiers.
Pour réussir cette transition, une vision claire et une coordination entre acteurs publics et privés sont indispensables. Les cadres existants permettent d’anticiper les besoins, de mobiliser les ressources nécessaires et d’assurer une transition qui bénéficie à l’ensemble de la société.



