Vingt ans après la devise « travailler plus pour gagner plus » lancée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la question du temps de travail demeure un sujet de discorde entre les courants de gauche et de droite. La même année, François Bayrou, alors Premier ministre, avait suggéré de supprimer deux jours fériés, proposition qui a depuis nourri le débat politique. Aujourd’hui, une nouvelle étude de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) vient rafraîchir le débat en apportant des données chocs sur l’effet potentiel d’une durée de travail accrue.
Dans le même temps, les prévisions économiques de l’OCDE montrent une croissance mondiale de 2,9 % en 2026 légèrement supérieure à l’estimation précédente de 2,8 %. Cette progression suit une hausse de 3,4 % en 2025, indiquant une certaine résilience malgré les tensions géopolitiques, les hausses de l’inflation et les politiques monétaires restrictives. Les analystes soulignent que le rebond du commerce de marchandises, même avec un trafic maritime réduit dans le détroit d’Ormuz, a permis de limiter l’impact du conflit au Golfe.
Impact du choc énergétique et réponses des États
Le conflit déclenché le 28 février entre les États-Unis et Israël a engendré des perturbations dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, affectant jusqu’à 20 % de la production mondiale de pétrole. Toutefois, les pays concernés ont compensé ces pertes en mobilisant leurs réserves pétrolières et en diversifiant leurs sources d’approvisionnement. La Chine par exemple, a réduit drastiquement ses importations de pétrole, contribuant à stabiliser les marchés énergétiques mondiaux.
Le rôle de l’intelligence artificielle dans la dynamique de croissance
Un autre facteur de soutien identifié par l’OCDE est l’intelligence artificielle (IA). Les investissements privés dans les data-centers et la fabrication de semi-conducteurs ont connu une forte dynamique en Amérique du Nord, en Australie et en Asie de l’Est. Ces projets permettent de compenser les effets négatifs de la politique tarifaire américaine et des blocages de corridors maritimes, qui pèsent surtout sur les économies émergentes d’Asie et les consommateurs européens.
Europe en retrait
L’Europe apparaît comme le maillon le plus fragile du système. Selon les prévisions de l’OCDE, le PIB de la zone euro ne croîtra que de 1 % en 2026 et 2027, contre une moyenne de 3 % pour le groupe G20. Cette sous-performance résulte d’un marché des capitaux fragmenté et d’un retard dans la construction de data-centers. En France, la projection de croissance a été abaissée à 0,4 % pour 2026, tandis que le Royaume-Uni et l’Allemagne devraient atteindre 1,1 % grâce à des dépenses de réarmement et à la reprise des exportations.
Les pistes politiques pour augmenter le temps de travail
Face à ces constats, les décideurs proposent deux axes majeurs. Le premier consiste à augmenter la productivité horaire mais les marges de progrès semblent se réduire. Le second repose sur l’allongement du temps de travail effectif. Parmi les mesures avancées: repousser l’âge légal de la retraite, faciliter le retour à l’emploi des chômeurs de longue durée, simplifier l’accès aux premiers emplois et encourager les étudiants à cumuler études et activité professionnelle, comme le font leurs homologues étrangers.
Ces propositions s’inscrivent dans un contexte budgétaire tendu. La Banque centrale européenne a relancé les taux d’intérêt pour contenir l’inflation, tandis que les gouvernements européens peinent à financer de nouvelles aides à cause du poids de la dette publique et du coût du vieillissement démographique. La combinaison d’une croissance anémique, d’une inflation persistante et de pressions sociales croissantes prépare le terrain pour des élections nationales et régionales prévues l’an prochain, où les partis eurosceptiques et nationalistes pourraient gagner du terrain.



