À deux semaines du dépôt du projet de loi de finances du gouvernement, le groupe des députés socialistes intervient avec un contre-budget ambitieux. Loin de se contenter d’une simple critique, il propose 39,5 milliards d’euros de recettes nouvelles afin d’alimenter des dépenses ciblées et de soutenir le pouvoir d’achat des classes populaires. Le contexte est tendu: le Premier ministre Sébastien Lecornu doit présenter son propre budget le 1er octobre, avec la consigne de dégager 30 milliards d’euros d’économies. Le PS place donc son texte comme une alternative réaliste au débat budgétaire.
Recettes nouvelles et économies envisagées
Le socle de financement repose sur la réactivation de la taxe Zucman un impôt minimum de 2 % appliqué aux patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. Cette mesure, rejetée en 2025, devrait rapporter 10 milliards d’euros. En parallèle, le groupe propose une CSG progressive sur les héritages très élevés estimée à 10 milliards, Au-delà des nouvelles taxes, le PS mise sur la réforme des niches fiscales et la lutte renforcée contre la fraude, pour générer 12,1 milliards d’économies dont 5,5 milliards récupérés grâce à une meilleure détection de la fraude.
Pouvoir d’achat: SMIC à 1 700 € et CSG progressive
La priorité affichée du parti est d’augmenter fortement le pouvoir d’achat. Le SMIC net serait porté à 1 700 € au lieu de 1 477 €, soit une hausse de plus de 200 €. Le PS veut également instaurer une CSG progressive le taux passerait de 9,2 % à 0,85 % pour une personne au SMIC, générant un revenu supplémentaire d’environ 125 euros net par mois. Pour un couple avec un enfant, la baisse du taux de 0,55 % à 1 % produirait un gain de 230 euros mensuels. Ces mesures sont accompagnées d’une proposition d’ouverture d’une conférence sociale visant à revaloriser les salaires de façon globale, le tout dédié à un budget de 10 milliards d’euros pour ces dépenses nouvelles.
Investissements climatiques et lutte contre les violences
Face aux enjeux climatiques, le PS veut doubler le budget de la Sécurité civile à 1 milliard d’euros et créer un fonds de sécurité dédié au changement climatique doté de 5 milliards. Le fonds vert des collectivités serait porté à 1,5 milliard. En matière de lutte contre les violences sexuelles et sexistes, le parti réclame 3 milliards d’euros pour financer la loi intégrale, alors que le gouvernement a évoqué un socle de 1,5 milliard. Le texte prévoit également 2 milliards d’euros pour l’école, 5 milliards pour la santé, dont un milliard pour une mutuelle publique gratuite pour les jeunes de 18 à 25 ans,
Environnement politique et échéances budgétaires
Le déploiement du « contre-budget » s’inscrit dans un climat politique difficile, marqué par la suspension du député de l’Eure, Philippe Brun, après des accusations de violences. Lors de la conférence de presse du 16 septembre, les députées Estelle Mercier et Sandrine Runel ont présenté les propositions en l’absence de Boris Vallaud, retenu pour gérer la crise interne. Estelle Mercier a déclaré: « On espère que ce ne sera pas le musée des horreurs comme l’année dernière ! » et a ajouté: « On laisse le gouvernement prendre connaissance de notre projet, et on verra comment il s’en saisit ». Le parti attend désormais la décision du gouvernement prévue le 1er octobre, tout en rappelant son engagement à soutenir les travailleurs et à financer la transition écologique.



