Aller au contenu
2 septembre 2026

Dette publique : Mélenchon propose d’annuler une partie des obligations

Jean-Luc Mélenchon suggère d'annuler une partie de la dette publique française détenue par la Banque centrale européenne. Une mesure qui soulève de vives discussions.

Dette publique : Mélenchon propose d'annuler une partie des obligations

La question de la dette publique française est revenue au centre des débats politiques avec la proposition audacieuse de Jean-Luc Mélenchon. Lors d’un débat organisé par le Medef le 27 août, le candidat insoumis a suggéré d’annuler une partie de la dette en proposant que la Banque centrale européenne (BCE) « mette au congélateur » les dettes des États, en commençant par celles de la période Covid.

Cette idée, qui semble simple en apparence, soulève des questions complexes sur les mécanismes économiques et les conséquences politiques potentielles. Comment une telle mesure pourrait-elle être mise en œuvre ? Quels seraient ses impacts sur la zone euro ?

Les mécanismes de la proposition

Jean-Luc Mélenchon part du constat que 18 % de la dette française est détenue par la Banque de France. Il propose donc de « prendre » ces dettes et de les « foutre au feu », une métaphore pour signifier leur annulation. « Les Américains font ça, a-t-il expliqué. Ils viennent de se racheter leur propre dette. Et nous, on serait les seuls de l’univers à renoncer à cette possibilité ? »

Sur le plan technique, cette proposition repose sur l’idée que les États pourraient rembourser leurs dettes par anticipation, comme un particulier rembourserait un prêt immobilier ou un crédit auto. Cependant, la situation de la France est bien plus complexe. Avec une dette de 3 650 milliards d’euros, soit plus qu’une année complète de production de richesses, la France n’a pas les moyens de rembourser cette somme en une seule fois.

Les défis de la zone euro

La principale difficulté réside dans la nature même de l’euro, une monnaie commune gérée par 21 pays. Contrairement aux États-Unis, où la Federal Reserve gère une seule monnaie, le dollar, la BCE doit prendre en compte les intérêts de tous les pays de la zone euro. « On a 21 pays qui gèrent donc une seule monnaie, explique un spécialiste. Quoi que ce soit qu’on pourrait faire sur la dette française, même celle qui est située dans les comptes de la Banque de France, aurait des conséquences sur tous les autres pays. »

Les pays comme l’Allemagne, réputés pour leur rigueur budgétaire seraient très peu enclins à accepter une telle mesure. De plus, une annulation unilatérale de la dette pourrait avoir des conséquences graves, comme une inflation accrue, une hausse des taux d’intérêt et une perte de crédibilité pour la France sur les marchés financiers.

Les réactions politiques

Cette proposition a suscité de vives réactions parmi les autres candidats à la présidentielle. Édouard Philippe, candidat Horizons, a qualifié cette idée de « extrêmement dangereuse », estimant qu’elle pourrait mener à un « interdit bancaire » pour la France. Gabriel Attal, quant à lui, a questionné la logique de cette mesure: « Si vous considérez qu’il suffit d’annuler la dette, pourquoi proposez-vous en même temps d’augmenter les impôts ? »

Marine Le Pen, de son côté, prône un retour à une discipline budgétaire et le remboursement de la dette. À gauche, Raphaël Glucksmann, bien qu’ayant soutenu l’annulation de la dette en 2020, a changé de position, estimant que le contexte économique actuel ne permet plus une telle mesure.

Elle illustre cependant la volonté du candidat insoumis de placer la question de la dette au cœur du débat présidentiel, obligeant les autres candidats à se positionner sur ce sujet crucial.