La campagne présidentielle de 2027 prend de l’ampleur avec des candidats qui peaufinent leurs stratégies pour séduire l’électorat. Marine Le Pen et Éric Zemmour, figures de l’extrême droite, ont marqué le début de leur campagne par des discours forts et des propositions audacieuses.
Dimanche dernier, Marine Le Pen a tenu un discours à Hénin-Beaumont, son fief dans le Pas-de-Calais, lors de la rentrée parlementaire du Rassemblement national. Elle a mis en avant le logement comme l’un des piliers de son projet présidentiel, promettant des réformes majeures pour répondre à la crise du logement en France.
Marine Le Pen: Le logement au cœur de son projet
La candidate du Rassemblement national a annoncé son intention de placer le logement au centre de son quinquennat. Elle propose d’appliquer le principe de priorité nationale au logement social, réservant les aides personnelles au logement (APL) et les HLM aux Français. Marine Le Pen envisage également d’abroger la loi SRU, qui impose aux maires de réserver une partie de leur parc immobilier au logement social.
Parmi ses autres propositions, on trouve la suppression du diagnostic de performance énergétique (DPE) qu’elle qualifie de « politique absurde », et la mise en place d’un dispositif « 100 % rénov » pour encourager les travaux de rénovation. Elle souhaite également transformer les bureaux vacants en logements et libérer la construction en mettant les terrains publics à disposition des constructeurs.
Éric Zemmour: L’innovation technologique et la remigration
De son côté, Éric Zemmour a prononcé un discours lors de l’université d’été de son parti, Reconquête, au Port-Marly (Yvelines). Il a appelé à un « vote du sursaut et de la résurrection » et a présenté plusieurs mesures de son programme, notamment des investissements massifs dans l’intelligence artificielle (IA) et la relance du nucléaire.
Zemmour propose de faire de la France le pays européen où il est le plus facile de créer une entreprise d’IA, en supprimant les réglementations européennes et françaises qui « étouffent nos ingénieurs ». Il envisage également la création de six EPR d’ici 2035 et 14 d’ici 2045 pour relancer le secteur nucléaire.
Sur le plan migratoire, Éric Zemmour défend la remigration un concept qu’il décrit comme une inversion du mouvement migratoire. Il propose d’enclencher une « immigration négative » pour réduire le nombre d’immigrés en France. Selon son entourage, il insistera moins sur les thèses identitaires qu’en 2022 et se concentrera davantage sur les questions économiques.
Les sondages et les divisions à gauche
Selon un récent sondage, Marine Le Pen est toujours en tête avec 33 à 35 % des intentions de vote, suivie par Jean-Luc Mélenchon dans quatre scénarios sur six. Édouard Philippe, candidat Horizons, n’est qualifié pour le second tour que dans deux cas de figure, tandis que Gabriel Attal, candidat Renaissance, n’accède au second tour dans aucune des configurations testées.
À gauche, la Fête de l’Humanité a illustré les divisions du camp, entre la candidature insoumise de Jean-Luc Mélenchon, celle du communiste Fabien Roussel, et les interrogations des écologistes sur une primaire. Ces divisions pourraient jouer en faveur des candidats d’extrême droite, qui semblent mieux structurés dans leur campagne.
La campagne présidentielle de 2027 s’annonce donc intense, avec des candidats qui misent sur des thèmes forts pour séduire les électeurs. Marine Le Pen et Éric Zemmour ont déjà marqué les esprits avec leurs propositions audacieuses, tandis que la gauche peine à trouver un consensus. Les prochains mois seront décisifs pour déterminer quels candidats parviendront à se démarquer dans cette course à l’Élysée.



