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24 juin 2026

Financement des universités : vers une hausse des frais d’inscription

Les universités françaises pourraient bientôt voir leurs frais d'inscription multipliés par cinq. Découvrez les détails de ce rapport explosif.

Financement des universités : vers une hausse des frais d'inscription

Les universités françaises se trouvent à la croisée des chemins. Un rapport remis au gouvernement le 24 juin 2026 alerte sur l’insoutenabilité du modèle financier actuel. Les auteurs proposent des mesures radicales pour éviter un appauvrissement massif des établissements d’ici 2030.

Parmi les propositions les plus marquantes, figure une hausse significative des frais d’inscription. Cette mesure, bien que controversée, vise à stabiliser les finances universitaires face à une crise budgétaire grandissante.

Un modèle financier en péril

Le rapport, fruit des assises du financement des universités lancées en janvier 2026, met en lumière un décrochage alarmant entre les dépenses et les recettes. Entre 2018 et 2026, les moyens octroyés aux universités ont augmenté de 26%, soit plus de 3 milliards d’euros, tandis que le nombre d’étudiants n’a progressé que de 3%. Malgré cette augmentation, la situation financière se dégrade en raison de l’augmentation des charges de personnel.

Les auteurs, Jérôme Fournel et Gilles Roussel soulignent que la trésorerie libre d’emploi des universités est inférieure à 10%. Ils anticipent un déficit d’environ 2 milliards d’euros d’ici 2030 si aucune mesure n’est prise.

Les propositions choc du rapport

Pour faire face à cette crise, le rapport propose plusieurs pistes, dont la plus notable est l’augmentation des frais d’inscription. Actuellement, les droits en licence et en master représentent seulement 1,9% du coût estimé des formations. Les auteurs suggèrent de porter cette part à 10% des ressources universitaires.

Concrètement, un étudiant français non boursier pourrait payer 900 euros par an en licence (contre 178 euros aujourd’hui) et 1 300 euros en master (contre 254 euros). Cette hausse, qui pourrait dégager autour de 1,5 milliard d’euros supplémentaires, serait accompagnée d’un barème progressif pour exonérer les étudiants aux revenus les plus modestes via une refonte du système de bourses.

Diversification des ressources

Le rapport encourage également les universités à diversifier leurs ressources. Les auteurs suggèrent de mieux valoriser leur immobilier de développer des cursus payants et de nouer des partenariats avec des entreprises. Ils plaident pour une plus grande autonomie des universités dans la gestion de leurs personnels et de leur offre de formation.

La subvention pour charge de service public versée par l’État, qui représente actuellement 76% des ressources universitaires, devrait suivre au minimum l’inflation. Une partie de cette subvention pourrait être conditionnée à des objectifs spécifiques.

Réactions et perspectives

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste a réaffirmé qu’il n’y aurait pas de changement des droits d’inscription l’année prochaine soit pour les rentrées 2026 et 2027. Il a souligné que ce sujet devait être débattu pendant la campagne présidentielle.

Les principales organisations étudiantes, comme l’Unef et l’Union étudiante sont fermement opposées à ces propositions. Elles estiment que cette hausse des frais d’inscription est totalement en dehors de la réalité des étudiants et de leur précarité.

Un décret publié en mai 2026 a déjà augmenté les droits d’inscription de la majorité des étudiants étrangers hors communautaires. Cette mesure, qui entrera en vigueur en septembre, montre que le gouvernement est prêt à agir sur le financement des universités.