Une nouvelle polémique éclate dans le monde de l’audiovisuel public français. Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions est accusée d’avoir commis un parjure devant une commission d’enquête parlementaire. Cette affaire, révélée le 10 juin 2026 met en lumière des tensions persistantes autour du fonctionnement et du financement de l’audiovisuel public.
Le député Charles Alloncle rapporteur de la commission d’enquête, affirme que Delphine Ernotte a menti sous serment lors de son audition du 8 avril 2026. Selon lui, France Télévisions aurait mandaté le cabinet Forward Global pour préparer les auditions des salariés, contrairement aux déclarations de la présidente qui avait assuré qu’aucune entreprise n’avait été sollicitée.
Les accusations et les réactions de France Télévisions
Charles Alloncle, sur son compte X, rappelle que le délit de parjure devant une commission d’enquête parlementaire est passible de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. Il interroge Delphine Ernotte: « Madame Ernotte, pourquoi avoir menti ? Comment les Français qui payent pour France Télévisions peuvent-ils encore vous faire confiance ? »
France Télévisions, de son côté, dément fermement ces accusations. Christophe Tardieu, secrétaire général du groupe, assure que l’entreprise n’a jamais eu recours ni payé aucun cabinet de conseil pour préparer les auditions des 55 personnes entendues pendant ces six mois de travaux. Il reconnaît cependant l’existence d’un déjeuner de travail avec Forward Global, précisant que le cabinet a simplement partagé son expérience des commissions d’enquête à deux reprises en début de travaux.
Le contexte de la commission d’enquête
La commission d’enquête, lancée à la demande de l’UDR — le parti d’Éric Ciotti allié du Rassemblement National et favorable à la privatisation de l’audiovisuel public — a consacré six mois de travaux et auditionné 55 personnes. Dans son rapport publié début mai, son rapporteur Charles Alloncle estimait que l’audiovisuel public était en crise et ne répondait plus aux attentes des Français.
Cette commission, perçue par certains comme une tentative d’affaiblissement de l’audiovisuel public, a suscité de vives réactions. Les détracteurs du rapport accusent ses auteurs de vouloir saper les fondements du service public. Delphine Ernotte, auditionnée deux fois, en décembre et en avril, se retrouve désormais au cœur d’une polémique qui pourrait avoir des conséquences judiciaires.
Les implications juridiques
Les révélations de Marianne, relayées par Charles Alloncle, suggèrent que Delphine Ernotte aurait participé en personne à un déjeuner de travail avec Forward Global. Le député ciottiste affirme que le cabinet a bien été mandaté pour cette mission, contredisant
France Télévisions souligne que ses liens avec Forward Global sont antérieurs à la commission. Le cabinet accompagne l’entreprise publique depuis 2026 sur des sujets comme la protection des données et la cybersécurité. Cependant, cette explication ne semble pas convaincre Charles Alloncle, qui envisage un signalement à la justice pour parjure.
À ce stade, aucune procédure judiciaire n’a été engagée, mais la qualification de parjure demeure hypothétique. Toute la question réside désormais dans l’interprétation du rôle exact joué par Forward Global: simple échange d’informations ou véritable prestation de préparation aux auditions ?



