Aller au contenu
5 juin 2026

Investissements climatiques en Europe : un bilan inquiétant pour 2026

Une étude révèle que l'Union européenne investit trop peu dans les énergies renouvelables et la rénovation des bâtiments pour atteindre ses objectifs climatiques.

Investissements climatiques en Europe : un bilan inquiétant pour 2026

L’Union européenne fait face à un défi majeur dans sa transition énergétique. Selon une étude récente, les investissements dans les énergies renouvelables et la rénovation des bâtiments sont insuffisants pour atteindre les objectifs climatiques fixés pour 2030.

L’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) a publié un rapport alarmant le 5 juin 2026. Les investissements climatiques ont stagné en 2026, après une hausse significative en 2026 suite à la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine. En 2026, les investissements ont atteint 534 milliards d’euros, bien en deçà des 878 milliards nécessaires pour respecter les engagements de l’UE.

Les secteurs sous-financés

Le rapport met en lumière plusieurs secteurs critiques qui ne reçoivent pas assez de financements. L’éolien les réseaux électriques et la rénovation des bâtiments sont particulièrement touchés. En revanche, les investissements dans le solaire le stockage par batteries et les bornes de recharge sont sur la bonne voie.

Les investissements dans les énergies renouvelables et le nucléaire ont même diminué de 9 % par rapport à 2026. Cette baisse s’explique par des procédures d’autorisation lentes une capacité limitée du réseau et une croissance de la demande d’électricité plus lente que prévu.

La rénovation des bâtiments en déclin

La rénovation des bâtiments a également subi un recul de 5 % en 2026. Cette diminution est attribuée à la réduction de certains programmes de soutien public notamment dans le secteur résidentiel. Pourtant, ce secteur est crucial pour améliorer l’efficacité énergétique et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les investissements dans les véhicules électriques ont, en revanche, repris dès 2026. Cette reprise est notable, surtout avant les effets de la guerre au Moyen-Orient et de la fermeture du détroit d’Ormuz depuis fin février. L’Allemagne, un pays traditionnellement attaché aux moteurs thermiques, a également augmenté ses investissements dans ce domaine.

L’Institut de l’économie pour le climat réclame davantage de planification et de stabilité réglementaire dans l’UE. Clara Calipel, l’une des autrices du rapport, critique les récents assouplissements des règles environnementales, notamment pour les normes de CO2 dans l’automobile. Ces changements envoient de mauvais signaux aux investisseurs en particulier dans le secteur de la fabrication de batteries.

La Commission européenne a proposé en décembre de renoncer à l’interdiction de la vente des voitures thermiques neuves en 2035. À la place, les constructeurs devront réduire de 90 % les émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2026 et compenser les 10 % d’émissions restantes.

Pour accélérer les investissements climatiques, l’I4CE suggère plusieurs leviers. Par exemple, la révision du règlement sur les normes de performance en matière d’émissions de CO2 pour les véhicules légers neufs doit préserver son ambition de soutenir la transition vers une mobilité sans énergie fossile. Les plans nationaux énergie-climat (PNEC) pourraient devenir de véritables feuilles de route nationales pour les investissements climat.

Enfin, le budget de l’UE joue un rôle essentiel pour accélérer les investissements climat dans plusieurs États membres. Le prochain budget pluriannuel de l’UE, prévu pour la période 2028-2034, doit garantir le financement des investissements climat dans l’ensemble des États membres.