Le 13 octobre, le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a annoncé à Paris que le groupe américain allait acquérir une participation minoritaire dans Doctolib, la plateforme française de prise de rendez-vous médicaux. Cette entrée au capital s’inscrit dans une stratégie plus globale visant à stimuler l’écosystème européen de l’intelligence artificielle. Au cours de la même conférence, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, était présent, soulignant l’importance du projet pour la souveraineté technologique de la France.
Nvidia devient actionnaire de Doctolib
Stanislas Niox-Château, co-fondateur et PDG de Doctolib, a précisé que Nvidia prendra une part minoritaire sans siège au conseil d’administration. L’apport financier, bien que non divulgué, s’ajoute aux 8 milliards de dollars investis par Nvidia en Europe l’an passé. Cette injection de capital doit permettre à Doctolib d’accélérer ses recrutements et de développer rapidement ses modèles d’IA propriétaires indépendants des géants comme OpenAI ou Anthropic. « Cette participation a vocation à lancer la révolution de l’intelligence artificielle en Europe », a déclaré Jensen Huang.
Vers une IA souveraine pour les patients et les soignants
Doctolib prévoit d’utiliser les puces Nvidia la puissance de calcul et les logiciels ouverts de la firme californienne pour créer une IA souveraine entraînée sur ses propres modèles et données. Le but affiché est de proposer, d’ici 2027-2028, un « assistant personnel de santé » capable de répondre aux questions des patients et d’alléger les tâches administratives et cliniques des professionnels. Le programme de recherche lancé en août, qui exploite les informations de 50 millions d’utilisateurs, constitue le socle de cette ambition. Aujourd’hui, 400 000 Français testent déjà la version bêta de l’assistant, qui devra être disponible pour l’ensemble des usagers dans les prochaines années.
Un portefeuille d’investissements élargi en France
Outre Doctolib, Nvidia a annoncé des participations dans trois autres start-up françaises: Pigment, spécialisée dans la planification financière, Genesis IA, active dans la robotique, et Entalpic, qui travaille sur la chimie de précision. Ces projets s’inscrivent dans le même objectif de « lancer la révolution de l’intelligence artificielle en Europe », selon Jensen Huang. La présence du ministre Lescure lors de l’événement place clairement l’opération sous le signe de la politique industrielle française, qui cherche à combler le retard perçu du Vieux Continent dans le domaine de l’IA. « Il faut déjà que vous entriez dans cette course », a rappelé le dirigeant de Nvidia, soulignant la nécessité d’une action rapide.
Doctolib, valorisée à 3,6 milliards d’euros au printemps dernier, a déjà levé près de 300 millions d’euros auprès d’investisseurs tels qu’Eurazeo, Bpifrance, General Atlantic et Accel. Malgré une légère baisse de valorisation par rapport à, l’entreprise continue de générer 422 millions d’euros de revenus récurrents annuels et affirme avoir atteint la rentabilité. La collaboration avec Nvidia devrait



