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10 octobre 2026

Le RN veut autoriser les prêts de particuliers à la présidentielle

Marine Le Pen, confrontée au refus uniformé des banques, plaide pour la légalisation des prêts de particuliers afin de financer sa candidature à l’Élysée.

Le RN veut autoriser les prêts de particuliers à la présidentielle

À moins de six mois du premier tour de la présidentielle, la candidate du Rassemblement national ne parvient pas à obtenir un financement bancaire. Tous les établissements contactés ont décliné la demande, obligeant Marine Le Pen à envisager des alternatives qui bousculent le cadre juridique actuel.

Cette impasse financière intervient alors que les sondages placent le RN en tête, tant pour le premier que pour le second tour. Face à ce paradoxe – popularité élevée mais financement impossible – la dirigeante a suggéré une mesure qu’elle juge « la plus simple et la plus rapide »: autoriser les prêts de particuliers pour les candidats à la présidentielle.

Le refus catégorique des banques françaises

Le RN a approché l’ensemble des grandes banques du pays, sans succès. Chaque institution a explicitement indiqué son incapacité ou son refus de prêter pour une campagne présidentielle. La candidate a d’ailleurs fait part de ces difficultés au gouvernement, rappelant la promesse du Premier ministre, faite avant l’été, que tous les candidats devraient pouvoir accéder à des fonds français.

Ce rejet soulève la question de la neutralité du système bancaire vis-à-vis des campagnes électorales. Alors que les partis peuvent mobiliser des dons de 4 600 euros par personne physique aucune banque ne semble disposée à étendre le crédit aux seuls candidats, mettant le RN dans une position précaire.

Le cadre légal actuel et la proposition de Le Pen

Contrairement aux élections législatives, régionales ou municipales où les prêts de particuliers sont autorisés, la loi française interdit strictement cette pratique pour la présidentielle. Cette spécificité vise à prévenir les dérives financières et à garantir l’équité entre les candidats.

Marine Le Pen argue que « autoriser les prêts de particuliers pour la présidentielle, comme c’est le cas pour toutes les autres scrutins, serait la mesure la plus rapide à mettre en œuvre ». Elle souligne toutefois qu’une modification législative serait indispensable, car le texte actuel ne prévoit aucune exception pour le scrutin le plus décisif du pays.

Conséquences financières déjà visibles pour le RN

Le parti a déjà souffert des ennuis liés aux prêts de particuliers lors des précédentes campagnes. En 2022, après plusieurs refus bancaires, le RN avait contracté un prêt de 10,6 millions d’euros auprès d’une banque hongroise pour financer la candidature de Marine Le Pen. Depuis, le parti doit rembourser ces dettes, ce qui limite ses capacités de financement pour 2027.

Cette situation financière fragilisée explique en partie le recours récent à la solution proposée: la légalisation des prêts privés pourrait offrir une nouvelle source de liquidités, tout en délestant le parti de l’obligation de recourir à des créanciers étrangers. Cependant, le RN reste exposé à la nécessité de rembourser les emprunts antérieurs, ce qui pèse sur sa trésorerie disponible pour la prochaine campagne.

La proposition de Marine Le Pen de lever l’interdiction des prêts de particuliers à la présidentielle constitue une tentative de contourner cet obstacle, mais elle nécessite une réforme législative qui ne se fera pas du jour au lendemain.