Les tensions entre les grands laboratoires pharmaceutiques et le gouvernement allemand s’intensifient. Pfizer et Eli Lilly, suivis par d’autres acteurs majeurs du secteur, envisagent de revoir leurs investissements en Allemagne en raison des propositions de réduction des coûts de santé.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de négociations entre les entreprises pharmaceutiques et les gouvernements européens, influencé par les politiques de prix du président américain Donald Trump.
Les investissements de Pfizer et Eli Lilly en question
Albert Bourla, directeur général de Pfizer, a adressé une lettre au chancelier Friedrich Merz le 9 juin, exprimant des inquiétudes concernant les propositions allemandes de tarification des médicaments. Cette lettre, révélée par le journal économique Handelsblatt, indique que Pfizer réexamine ses engagements et le calendrier de ses investissements en Allemagne.
Cette annonce intervient peu après celle d’Eli Lilly, qui a déclaré réduire de moitié son investissement de 2,3 milliards de dollars en Allemagne. Le laboratoire pharmaceutique allemand Boehringer Ingelheim a également abandonné des projets d’investissement de 900 millions d’euros pour les mêmes raisons.
Un contexte de tensions européennes
Le projet de loi allemand visant à plafonner les coûts du système d’assurance maladie obligatoire a mis le pays au cœur d’une lutte plus large entre les laboratoires pharmaceutiques et les gouvernements européens. Cette tension est exacerbée par la politique de prix « de la nation la plus favorisée » du président américain Donald Trump, qui lie les prix des médicaments aux États-Unis à ceux pratiqués dans d’autres pays développés.
Pfizer et Eli Lilly font partie des 17 grands laboratoires pharmaceutiques ayant conclu des accords avec la Maison Blanche pour aligner les prix des médicaments sur ordonnance aux États-Unis sur ceux d’autres pays, en échange d’exemptions tarifaires.
Les réactions des entreprises pharmaceutiques
De nombreuses grandes entreprises pharmaceutiques, dont AstraZeneca et Roche, ont averti qu’elles pourraient ne pas être en mesure de commercialiser leurs futurs médicaments innovants en Europe si les gouvernements n’acceptent pas de payer plus que ce qu’ils ont toujours payé.
Dans une lettre adressée au chancelier Merz en date du 22 avril, Bourla et plus de 30 autres directeurs généraux de grandes entreprises pharmaceutiques ont demandé une « réunion urgente » avec M. Merz. Cependant, aucune réponse n’a été reçue, selon plusieurs sources du secteur.
Le gouvernement allemand n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.



