En 2026, malgré les tensions géopolitiques croissantes et les incitations de l’État, les Français restent majoritairement réticents à l’idée d’investir leur épargne dans le secteur de la défense. Cette hésitation s’explique par des raisons à la fois politiques, éthiques et financières.
Le fonds Bpifrance Défense, lancé en octobre 2026, vise à mobiliser l’épargne des particuliers pour soutenir les entreprises françaises et européennes du secteur de l’armement. Cependant, seulement 70 millions d’euros ont été levés sur les 450 millions espérés.
Les raisons de la réticence des Français
Selon le dernier baromètre de l’épargne de l’Ifop pour Altaprofits, seuls 30% des Français se disent prêts à investir dans des produits d’épargne dédiés à la défense nationale. Les réticents invoquent principalement des raisons politiques, éthiques ou morales.
Parmi les 70% de Français qui renoncent à investir leur épargne dans la défense, 44% citent des raisons politiques, éthiques ou morales. Plus précisément, 24% considèrent que le financement de la défense doit uniquement relever de l’État et des impôts, 15% jugent que cela va à l’encontre de leurs principes éthiques et 5% estiment que le financement de la défense n’est pas compatible avec une politique ESG (environnementale, sociale et de gouvernance).
Les craintes financières
40% des sondés réfractaires à l’idée de financer la défense invoquent plutôt des raisons économiques et financières. Ils craignent notamment que ces placements soient trop risqués (18%), considèrent que cela ne correspond pas à leurs attentes et besoins en matière d’épargne (12%), jugent que le rendement n’est pas si important (6%) ou déclarent tout simplement ne pas avoir les moyens d’investir dans les fonds dédiés (4%).
Le fonds Bpifrance Défense: un objectif ambitieux
Le fonds Bpifrance Défense, accessible dès 500 euros, permet aux particuliers d’investir dans un portefeuille de plus de 500 entreprises, principalement non cotées, françaises (à 70%) et européennes, du secteur de la défense et des technologies associées. Il vise un objectif de rendement de 5% par an.
Selon les derniers chiffres communiqués début avril par le patron de Bpifrance Nicolas Dufourcq, le fonds a levé 70 millions d’euros et continue de progresser. L’objectif à terme est de collecter 450 millions d’euros.
Face à ces réticences, Altaprofits juge que pour flécher l’épargne des Français vers un secteur spécifique, une incitation est toujours un facilitateur, tout particulièrement s’il s’agit d’investir dans le non coté, secteur encore méconnu et perçu comme risqué.
Au-delà de ce produit, d’autres fonds ont été lancés, des fonds communs de placement plus traditionnels, sans contrainte de blocage et qui sont potentiellement sur des grandes entreprises, pas forcément non cotées. Ces fonds sont souvent sur une thématique plus large de souveraineté, moins angoissante que la thématique défense, et rencontrent un vrai succès.



