Les habitudes de travail ont été profondément bouleversées par la pandémie de Covid-19. Une étude récente publiée mardi 9 juin par Malakoff Humanis met en lumière une nouvelle réalité: l’absentéisme a atteint des niveaux inédits et semble s’être installé durablement au-dessus des seuils d’avant-crise.
Entre 2019 et 2026, le taux global d’absentéisme dans le secteur privé a progressé de 25,5%atteignant 4,3%. Cette augmentation significative marque un changement structurel du marché du travail, où les niveaux pré-Covid sont durablement derrière nousselon les auteurs de l’étude.
Des arrêts plus longs et une santé mentale fragilisée
L’étude révèle que les arrêts de travail sont non seulement plus fréquents, mais aussi plus longs. Chez les cadresdont le taux d’absentéisme reste inférieur à celui des non-cadres, la durée moyenne des arrêts a atteint 20,2 jours. Cette hausse est particulièrement marquée chez les seniorsoù le vieillissement de la population active joue un rôle important.
Un changement notable concerne les motifs d’absence. Les pathologies liées à la santé mentale sont désormais le premier motif d’arrêts longs (plus de 30 jours), représentant 37,8% des cas en 2026 contre 30,3% en 2019. Cette tendance reflète l’impact durable de la crise sanitaire sur le bien-être psychologique des salariés.
Une tendance de fond amplifiée par la pandémie
Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large documentée par la DREES. Entre 2010 et 2019, le nombre de journées indemnisées pour maladie progressait déjà de 2,3% par an, tandis que les montants versés augmentaient de 2,9% annuellement. La pandémie a accentué cette dynamique, avec des pics exceptionnels d’arrêts-maladie et une baisse des congés maternité.
L’étude de Malakoff Humanis, basée sur un échantillon de 3 000 salariés et l’analyse de 300 000 arrêts longssouligne la nécessité d’adapter les politiques de prévention et d’accompagnement. Parmi les solutions proposées figurent le temps partiel thérapeutiquel’aménagement de posteainsi que des outils comme un kit de prévention ou un bouton d’alerte.
Sans actions concrètes, le risque est de voir se pérenniser un niveau d’absentéisme supérieur à celui d’avant la crise, avec des conséquences importantes pour les entreprises et les salariés.



