En France, les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et intenses. Face à cette réalité, un décret entré en vigueur en juillet 2026 impose de nouvelles mesures pour protéger les salariés lors des épisodes de chaleur intense.
Depuis le 1er juillet 2026, les employeurs doivent adapter leur organisation pour garantir la santé et la sécurité de leurs employés. Ce texte intervient dans un contexte de multiplication des canicules, avec 4 fois plus de jours de canicule cette dernière décennie que dans les années 1980.
Les obligations des employeurs face à la chaleur
Le décret précise les obligations des employeurs lors des épisodes de chaleur intense, lorsque la météo passe en vigilance jaune, orange ou rouge. Parmi les mesures imposées, on trouve l’adaptation de l’organisation du travailcomme le décalage des horaires, l’augmentation de l’eau potable fraîche mise à disposition et le choix d’équipements de travail appropriés.
L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) estime qu’une vigilance est nécessaire à partir de 28 °C pour un travail physique, et de 30 °C pour un travail de bureau. Les employeurs sont tenus d’évaluer et de prévenir les risques, avec des règles plus strictes pour certains secteurs comme le BTP.
Exemples concrets d’adaptation
À Saint-Priest, dans la métropole de Lyon, l’usine Montabertspécialisée dans la fabrication de brise-roche, s’apprête à activer son plan canicule. Cela implique la mise à disposition de ventilateurs et de brumisateurs, l’aération des locaux la nuit, la distribution d’eau aux ouvriers, l’allongement des temps de pause et la possibilité de prendre des douches.
Dans le secteur du BTP, l’anticipation est devenue une priorité. En 2026, on a dénombré 7 909 heures de travail indemnisées pour forte chaleur. En 2026, ce chiffre a explosé à 120 698 heures. Mohamed Trabelsi, chargé des fortes chaleurs à l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP)souligne l’importance d’anticiper les solutions organisationnelles.
Les conséquences humaines et sociales
La chaleur peut gravement nuire à la santé des travailleurs. En 2026, neuf accidents du travail mortels ont été reconnus en lien avec des vagues de chaleur. En juillet 2026, un homme de 50 ans employé d’un entrepôt de fret en Seine-Saint-Denis est décédé, l’organisation n’ayant pas été modifiée malgré un travail très physique.
Depuis 2026, la canicule a rejoint la liste des intempéries ouvrant le droit au chômage technique sur les chantiers. Durant sa veille sanitaire, de juin à septembre 2026, l’inspection du travail a triplé ses interventions par rapport à 2026, totalisant 4 557 contrôles.
Les défis de la mise en œuvre
Jennifer Shettle, responsable du pôle informations juridiques à l’INRS, estime que le décret a contribué à une prise de conscience par les employeurs. Cependant, la mise en œuvre reste inégale. Astrid Dumoulin, secrétaire nationale à la fédération Construction-Bois de la CFDT, souligne que certains sous-traitants n’ont pas prévu d’adapter leur organisation.
Face à cette nouvelle donne, l’anticipation et la réorganisation du travail s’imposent désormais comme des enjeux majeurs pour la santé et la sécurité des salariés. Le plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) comporte d’ailleurs des mesures spécifiques pour accompagner les entreprises dans leurs efforts.



