Aller au contenu
31 juillet 2026

Gianni Infantino et la Fifa face à la rébellion des fédérations

La Fifa envisage de créer une filiale commerciale pour exploiter ses activités les plus lucratives. Ce projet soulève de vives critiques, notamment de la part de l'UEFA.

Gianni Infantino et la Fifa face à la rébellion des fédérations

La Fifa, dirigée par Gianni Infantino, est au cœur d’une tempête depuis l’annonce de son projet Fifa Forward Enterprise (FFE). Ce plan, dévoilé aux 211 fédérations membres, prévoit d’ouvrir le capital des activités commerciales de l’instance à des investisseurs privés. Une initiative qui suscite des réactions virulentes à travers le monde du football.

L’objectif affiché est de lever environ 4,2 milliards de dollars en cédant 20% du capital de cette nouvelle entité. La Fifa assure qu’elle conservera le contrôle exclusif, mais cette promesse ne suffit pas à calmer les critiques. L’UEFA, en particulier, a brandi la menace d’un boycott historique si le projet était maintenu.

Une filiale commerciale pour exploiter les trésors de la Fifa

La FFE regrouperait les activités les plus lucratives de la Fifa, notamment les droits de diffusion, le sponsoring, la billetterie, et les licences. Elle serait également chargée de l’organisation opérationnelle des Coupes du monde masculine et féminine, En d’autres termes, la Fifa conserverait le pouvoir sportif, tandis que la nouvelle entité piloterait la machine à revenus.

Gianni Infantino défend ce projet comme une étape logique et une occasion en or pour générer de la valeur. Il assure qu’il ne s’agit pas d’une privatisation, mais plutôt d’une opportunité pour financer le développement du football à l’échelle mondiale. Cependant, cette argumentation peine à convaincre les détracteurs du projet.

Les fédérations sous pression financière

Pour convaincre les fédérations membres, Infantino a sorti le chéquier. Il promet jusqu’à 40 millions de dollars par fédération sur le cycle 2027-2030, contre seulement 10 millions en cas de statu quo. Cette manne financière est une tentation pour de nombreuses nations, notamment les plus modestes.

L’économiste Christophe Lepetit souligne que des pays comme l’Ouganda, Trinidad-et-Tobago ou la Nouvelle-Zélande pourraient difficilement refuser une telle offre. Cependant, cette stratégie soulève des questions sur l’indépendance des fédérations et leur éventuelle redevabilité envers Gianni Infantino.

Les investisseurs et les soupçons de conflits d’intérêts

L’identité des investisseurs potentiels a ajouté de l’huile sur le feu. Le consortium serait mené par Thrive Eternal, un fonds américain fondé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump. La banque d’affaires J.P. Morgan participerait également au montage.

Cette proximité affichée entre Infantino et Donald Trump, notamment pendant le Mondial 2026, a suscité des critiques acerbes. L’UEFA dénonce un projet qui permettrait à la Fifa de s’enrichir et d’enrichir ses amis. Cette accusation de conflit d’intérêts pèse lourd dans le débat.

Les fédérations ont jusqu’au 19 septembre pour se prononcer sur ce projet. Un délai que l’UEFA qualifie d’ultimatum et de méthode de gouvernance par la peur. Gianni Infantino, en course pour sa réélection en mars 2027, joue une partie risquée avec ce projet controversé.