La primaire visant à désigner le candidat de la gauche socialiste-démocrate pour l’élection présidentielle 2027 était déjà programmée pour les week-ends du 9-10 et du 16-17 octobre. Avec les votes prévus du 18 avril et du 2 mai 2027, le Parti socialiste cherchait à projeter une image d’unité et de responsabilité. C’est dans ce cadre que le député de l’Eure, Philippe Brun, avait obtenu le nombre de parrainages requis et affichait son ambition de participer à la course. À quelques semaines du démarrage, une plainte déposée par une ancienne collaboratrice a radicalement changé la donne.
Accusations portées contre le député Philippe Brun
Selon le communiqué diffusé par le PS l’ex-assistante parlementaire, renvoyée en juin pour faute grave, a signalé à la direction du parti des faits qu’elle qualifie d’« harcèlement », de « situation d’emploi familial » et de « violences physiques ». Elle aurait également déposé plainte, estimant que les agissements pourraient « relever d’une caractérisation pénale ». Le terme harcèlement désigne ici tout comportement répété visant à porter atteinte à la dignité ou à créer un environnement hostile. La victime affirme que ces faits se sont produits dans le cadre d’une relation de travail, ce qui a conduit à l’ouverture de deux procédures internes en juillet: l’une devant la commission des conflits, l’autre devant la commission de lutte contre le harcèlement, dont l’instruction devait durer huit mois.
Philippe Brun a catégoriquement rejeté les allégations lors d’une conférence de presse, dénonçant une « manipulation visant à le tuer politiquement ». Il a affirmé n’avoir reçu aucune plainte officielle contre lui, précisant s’être renseigné auprès des parquet de Paris et d’Évreux. Le député a annoncé son intention de porter plainte afin que « la justice puisse établir les faits », et a contesté le fait d’être le concubin de la plaignante, rappelant que celle-ci est pacsée avec une autre personne. Il a aussi critiqué le timing du parti, déclarant: « Le principe de précaution, c’est de m’auditionner au mois de juillet, pas de se réveiller la veille d’un dépôt de candidature, et de me mettre à mort ».
Décision du Parti socialiste et ses répercussions
Face à l’urgence de la situation, Johanna Rolland, première secrétaire par intérim du Parti socialiste a inscrit la suspension du député à l’ordre du jour du bureau national. La mesure, adoptée à la quasi-unanimité (seuls trois membres se sont abstenus), a entraîné la mise à l’écart de Philippe Brun de la primaire et sa suspension conservatoire du groupe PS à l’Assemblée nationale, le plaçant parmi les non-inscrits. Olivier Faure a rappelé sur BFMTV que le parti ne pouvait pas être représenté « demain par quelqu’un qui serait accusé d’avoir été violent ». Cette décision vise clairement à protéger la crédibilité du processus de sélection et à montrer que le PS ne transige pas sur la défense des droits des femmes.
En conséquence, le nom de Brun ne figure pas parmi les cinq candidats qui participeront à la primaire: Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal et Olivier Faure lui-même. La suspension à titre conservatoire du député du groupe « Socialistes et apparentés » à l’Assemblée nationale a également été confirmée. Le parti espère Le PS mise sur une gestion rapide et décisive pour préserver la légitimité du scrutin prévu du 9 octobre au 17 octobre 2027.



