Le monde du football est en ébullition depuis l’annonce du projet de Gianni Infantino président de la Fifa visant à privatiser une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde. Ce projet, qui suscite de vives réactions, mérite une analyse approfondie.
L’idée centrale consiste à créer une société, la Fifa Forward Enterprise (FFE) qui regrouperait tous les droits commerciaux liés à la Coupe du monde, tels que la diffusion, le sponsoring, la billetterie et l’octroi de licences. Cette société pourrait alors attirer des investisseurs privés, qui détiendraient entre 20 et 30% de son capital. La Fifa, quant à elle, conserverait le contrôle exclusif de la FFE.
Les détails du projet
Selon les estimations, la FFE pourrait lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars dès cette année. Les bénéfices nets générés par cette société seraient réinvestis dans le développement du football. Les 211 associations membres de la Fifa recevraient chacune une action de la FFE, qu’elles pourraient conserver ou vendre. Cette manœuvre permettrait de dégager une enveloppe supérieure à 10 milliards de dollars sur les quatre prochaines années, contre environ 2,7 milliards initialement prévus pour la période 2027-2030.
Les acteurs clés
Le projet de privatisation implique plusieurs acteurs clés. Parmi eux, Joshua Kushner frère de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump, et la banque d’affaires J.P. Morgan. Ces acteurs pourraient jouer un rôle majeur dans la mise en œuvre de ce projet controversé.
Gianni Infantino lui-même pourrait prendre la tête de la FFE après son dernier mandat à la Fifa, prévu pour 2031. Cette perspective soulève des questions sur les motivations réelles derrière ce projet et les bénéfices personnels qu’Infantino pourrait en tirer.
Les réactions du monde du football
Les réactions à ce projet sont mitigées. L’UEFA par exemple, a exprimé ses préoccupations, estimant que ce projet franchit une ligne rouge. Selon l’UEFA, l’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs à vendre. D’autres voix, comme celle de Javier Tebas président de la Ligue espagnole, ont critiqué le manque de transparence et les conflits d’intérêts potentiels.
En revanche, certaines fédérations nationales pourraient soutenir ce projet, attirées par les promesses de revenus supplémentaires. Cependant, les critiques soulignent les risques de dérives mercantiles et l’impact potentiel sur l’intégrité du sport.
Alors que certains y voient une opportunité de développement, d’autres craignent pour l’avenir du football. Une chose est sûre: ce débat est loin d’être terminé.



