Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a appelé les employeurs à adapter les conditions de travail le 19 juin 2026 à travers la Francealors que 53 départements étaient en vigilance orange. Face à la canicule, il a demandé de décaler les horaires, d’assurer l’hydratation et d’éviter les heures les plus chaudes, notamment dans le BTP.
Cette mise en garde s’inscrit dans un cadre désormais clarifié par un décret entré en vigueur le 1er juillet 2026qui formalise les obligations des employeurs en cas de vigilance jaune, orange ou rouge. Ultimo aggiornamento: 19 juin 2026.
Appel du ministère et cadre légal renforcé
Jean-Pierre Farandou a préconisé de commencer plus tôt le matin et de reprendre en fin d’après-midi ou en soirée, plutôt que d’interrompre totalement le travail. Il a cité l’accès à de l’eau fraîche en quantité suffisante et, si nécessaire, des arrêts plus longs sur les chantiers. Il a également suggéré de s’inspirer des pratiques andalouses, une organisation culturelle du travail adaptée aux fortes températures.
Le nouveau cadre juridique complète cet appel. Les employeurs doivent mettre à jour le document unique d’évaluation des risques avec un chapitre dédié à la chaleur intense, exigence issue d’une loi validée par le Conseil constitutionnel le 18 juin 2026. Les contrôles de l’inspection du travail ont été annoncés comme renforcés, avec des sanctions alourdies en cas de manquement.
Mesures concrètes sur le terrain
Le décret de juillet 2026 impose l’adaptation de l’organisation du travail lors des épisodes de chaleur: décalage des horaires, mise à disposition d’eau potable fraîche en quantité accrue et choix d’équipements appropriés. L’INRS indique qu’une vigilance est requise dès 28 °C pour un travail physique et 30 °C pour un travail de bureau, des seuils utiles pour calibrer les plans internes.
À Saint-Priest (métropole de Lyon), l’usine Montabert active un plan canicule avec ventilateurs, brumisateurs, aération nocturne, distribution d’eau, pauses allongées et accès à des douches. Dans le BTP, l’anticipation est devenue prioritaire: d’un niveau initial de 7 909 heures de travail indemnisées pour forte chaleur, le volume a ensuite atteint 120 698 heures. Mohamed Trabelsi, référent fortes chaleurs à l’OPPBTPmet en avant les solutions organisationnelles pour atténuer le risque.
Contrôles, chiffres et défis de mise en œuvre
Les conséquences humaines ont été documentées. En 2026, neuf accidents du travail mortels ont été reconnus en lien avec des vagues de chaleur. En juillet 2026, un salarié de 50 ans est décédé dans un entrepôt de fret en Seine-Saint-Denis, alors que l’organisation n’avait pas été adaptée malgré un travail très physique. Depuis 2026, la canicule a rejoint la liste des intempéries ouvrant droit au chômage technique sur les chantiers.
Lors de la veille sanitaire de juin à septembre 2026, l’inspection du travail a triplé ses interventions par rapport à l’année précédente, totalisant 4 557 contrôles. Si le décret a accéléré la prise de conscience des employeurs, la mise en œuvre reste inégale dans certaines chaînes de sous-traitance. Le PNACC prévoit des mesures d’accompagnement pour aider les entreprises à adapter durablement l’organisation du travail aux chaleurs récurrentes.



