Le Conseil d’analyse économique (CAE) a publié une note le 16 juin 2026, proposant une réforme des allégements de cotisations sociales. Cette mesure, en vigueur depuis les années 1990, pourrait être ajustée pour mieux répondre aux défis actuels du marché du travail.
Les économistes Antoine Bozio et Etienne Wasmer soulignent que cette politique, bien que bénéfique pour l’emploi à bas salaire, a atteint ses limites. Ils proposent une approche plus nuancée pour encourager la progression des salaires et améliorer le dialogue social.
Les limites des allégements de cotisations sociales
Depuis trois décennies, l’État français dépense environ 74 milliards d’euros pour réduire le coût du travail au niveau du SMIC. Cette politique a permis à la France d’avoir l’un des salaires minimums les plus généreux d’Europe, représentant 71,9% du salaire médian, tout en maintenant un coût du travail compétitif.
Cependant, les économistes du CAE soulignent que cette stratégie a aussi freiné la progression des rémunérations et tassé les grilles salariales vers le SMIC. En 1994, seulement 8,2% des salariés touchaient le salaire minimum. En 2026, cette proportion a augmenté à 12,4% après un pic de 17,3% en janvier 2026.
Un effet de nivellement par le bas
Ce phénomène de trappes à bas salaires est au cœur des préoccupations du CAE. Les économistes proposent de désindexer progressivement les allégements généraux de cotisations dès le SMIC. Selon Etienne Wasmer, cette mesure permettrait de remettre du dialogue social et d’encourager les augmentations salariales.
Les réactions du patronat
La perspective d’une réduction supplémentaire des allégements de charges suscite l’inquiétude du patronat. Le Medef la CPME et l’U2P ont déjà exprimé leur mécontentement face au gel des allégements de cotisations décidé début juin.
Patrick Martin, président du Medef, a déclaré: « Rogner encore sur les allégements de charges, c’est à la fois anti-entreprise, anti-emploi, anti-salaire et anti-pouvoir d’achat. » Il craint que cette mesure n’aggrave le flux des défaillances d’entreprises déjà en forte hausse.
Des mesures pour protéger les publics fragiles
Pour éviter des effets négatifs sur l’emploi des publics les plus fragiles, Antoine Bozio et Etienne Wasmer préconisent de maintenir des allégements renforcés pour des publics particuliers, notamment les jeunes et les plus de 60 ans. Ils recommandent également des politiques plus structurelles, comme des investissements dans l’éducation, le logement et les transports.
Un dispositif en mutation
Depuis le 1er janvier 2026, le dispositif d’allégement des cotisations est renommé réduction générale dégressive unique (RGDU). La réduction est maximale pour une rémunération au niveau du SMIC et dégressive jusqu’à 3 SMIC. Le SMIC horaire brut a été revalorisé à 12,31 euros au 1er juin 2026, mais le calcul de la RGDU continue de retenir sa valeur du 1er janvier 2026, soit 12,02 euros gelée à ce niveau pour 2026.
La note du CAE relance



