Dans un monde où l’intelligence artificielle évolue à un rythme effréné, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a lancé un appel urgent pour une gouvernance mondiale de cette technologie. Lors du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA à Genève il a souligné l’importance cruciale de structurer le développement de l’IA pour éviter de laisser l’avenir de l’humanité au hasard.
L’IA, capable d’écrire du code, d’agir en ligne et de prendre des décisions avec de moins en moins de supervision humaine, représente un défi majeur pour les institutions actuelles. « Nos institutions ont été conçues pour encadrer des machines qui exécutent des ordres. Elles ne sont pas prêtes à gouverner des machines qui prennent des décisions », a-t-il déclaré.
Les trois risques majeurs de l’IA selon l’ONU
Antonio Guterres a identifié trois risques majeurs liés au développement de l’IA: la rapidité de son évolution, la concentration des capacités entre les mains d’un petit nombre d’entreprises et de pays, et la menace que représentent les contenus générés par l’IA pour l’intégrité de l’information. « La question est de savoir si nous allons façonner ensemble cette transformation, ou la laisser nous façonner », a-t-il interpellé.
La sécurité des enfants face à l’IA
Parmi les priorités évoquées par le secrétaire général de l’ONU, la sécurité des enfants face à l’IA occupe une place centrale. Il a proposé de soumettre prochainement aux États un Engagement pour la sécurité des enfants face à l’intelligence artificielle. Cet engagement vise à imposer des tests de sécurité avant tout déploiement d’une IA accessible aux enfants, interdire la génération d’images sexuelles d’enfants par ces systèmes et garantir qu’un enfant en situation de détresse soit orienté vers une aide humaine.
Aider les pays en développement
Antonio Guterres a également annoncé qu’il soumettrait prochainement à l’Assemblée générale des recommandations en faveur d’un Fonds mondial pour l’IA destiné à renforcer les capacités des pays en développement. « Nous ne pouvons pas laisser la fracture numérique se transformer en fracture de l’intelligence artificielle », a-t-il insisté.
L’impact économique de l’IA
Un rapport publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) révèle que les investissements dans les actifs incorporels, comme les logiciels, les données ou la recherche, ont atteint un niveau record en 2026. Ces investissements, qui couvrent notamment la recherche et développement, les logiciels, les bases de données, la valorisation des marques, le design ou encore le savoir-faire organisationnel, représentent une part croissante de l’économie mondiale.
Dans les 29 économies étudiées, qui représentent 57% du PIB mondial, ces investissements ont atteint un niveau record de plus de 10.000 milliards de dollars en 2026. Les États-Unis dominent largement en valeur absolue, avec près de 5.000 milliards de dollars d’investissements incorporels en 2026, devant le Japon et l’Allemagne.
L’IA, un moteur de croissance
L’intelligence artificielle joue un rôle majeur dans cette transformation économique. Si elle stimule d’abord les investissements physiques dans les centres de données, les composants électroniques et les infrastructures énergétiques, son impact durable provient surtout des investissements dans les logiciels, les données, la R&D et la réorganisation des entreprises.
Les logiciels et bases de données constituent
Les défis futurs
Antonio Guterres a souligné que le monde abrite probablement « la dernière génération capable de définir les conditions de la coexistence entre l’humanité et les machines ». Gouvernements, entreprises et scientifiques doivent agir rapidement afin que l’IA soit « plus sûre, plus équitable, plus accessible et plus éthique ».
Le Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, tenu à Genève, sera suivi par le sommet « AI for Good » consacré aux applications de l’intelligence artificielle au service du développement.
