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20 octobre 2026

Comment les commerçants de Paris seront remboursés après les pillages du 17 octobre

Les dégâts évalués à plusieurs centaines de millions d’euros soulèvent des questions d’assurance, de soutien étatique et d’indemnisation pour les plus de 3 000 commerces touchés.

Comment les commerçants de Paris seront remboursés après les pillages du 17 octobre

Le mardi 17 octobre, des émeutes ont mis à mal plus de 3 000 commerces dans le centre de Paris. Les vitrines brisées, les stocks volés et les fermetures temporaires entraînent une facture qui pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d’euros. Dès le lendemain, des experts se sont rendus sur place pour établir un premier inventaire des pertes, mais la complexité des sinistres rend l’évaluation laborieuse.

Premières expertises: chiffres et témoignages

Dans une petite supérette du 3e arrondissement, le gérant estime les dommages à 100 000 euros et prévoie deux semaines de fermeture pour remettre en état les installations. Plus loin, le propriétaire d’un caviste du Petit Bleu a compté 500 bouteilles disparues, évaluant la perte à 25 000 euros. Il a déclaré: « Moi, j’ai chiffré à 500 bouteilles et 25 000 euros, mais c’est peut-être beaucoup trop ou pas assez, j’en sais rien. Après, on va dresser un inventaire, effectivement, de tout ce qui nous manque ». Ces témoignages illustrent la diversité des pertes, du simple produit aux biens de valeur.

Assurances: limites et actions de la fédération

Les contrats d’assurance multirisque ne couvrent pas toujours la totalité des dommages. Caroline Kress, experte chez Generali a expliqué que les vitrines brisées et le vol de stock laissent souvent une partie non garantie: « Toutes les vitrines sont cassées et tout le stock a disparu, il reste une partie du stock qui ne sera pas garantie ». La fédération des assureurs a promis d’accélérer les versements d’acomptes et de réduire le délai de déclaration, habituellement de cinq à trente jours.

Malgré ces engagements, certains commerçants devront rester fermés plusieurs jours, une perte d’exploitation que l’assurance ne prend pas toujours en charge. Cette situation crée une incertitude financière importante, surtout pour les petites boutiques qui vivent d’un flux quotidien de clientèle.

Mesures d’urgence de l’État

Face à l’ampleur du sinistre, le gouvernement a annoncé plusieurs dispositifs. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou a précisé que le chômage partiel sera pris en charge à 100 % dès mardi, afin que les employeurs ne supportent aucun coût salarial. Selon lui, « l’activité partielle consiste à aider un chef d’entreprise à payer 60 % du salaire pour la personne qui ne travaille pas, ça ne coûtera rien au chef d’entreprise ».

Le ministre de l’Économie, Sébastien Lecornu a également annoncé la création d’un fonds de solidarité dédié aux commerces les plus gravement touchés. Ce fonds devra permettre le versement d’avances rapides afin de couvrir les frais immédiats, comme le loyer ou les factures d’électricité, pendant que les dossiers d’assurance sont traités.

En parallèle, les autorités locales appellent à la vigilance et à la prévention de nouveaux débordements. Les forces de l’ordre sont renforcées dans les quartiers les plus exposés, tandis que les mairies de Paris incitent les commerçants à consigner leurs inventaires dès que possible pour faciliter les démarches d’indemnisation.