En Valais, les relations financières entre les communes et les paroisses sont devenues un sujet de débat politique. Les conflits récents ont mis en lumière les limites du système actuel, poussant à une réflexion sur une nouvelle réglementation.
Les paroisses valaisannes, lorsqu’elles ne peuvent pas couvrir leurs dépenses cultuelles, se tournent vers les communes pour un soutien financier. Cependant, cette collaboration n’est pas toujours sans heurts, comme en témoignent les récents conflits à Loèche, Sankt-Niklaus et Brigue-Glis.
Les conflits récents et leurs origines
À Loèche, un désaccord est survenu lorsque la commune a tenté de modifier une directive pour ne plus prendre en charge le salaire des chefs de chœur de trois paroisses. Cette initiative, visant à réduire les dépenses liées aux déficits paroissiaux, a été bloquée car elle enfreignait le droit cantonal.
À Sankt-Niklaus, le conflit portait sur un projet de construction communal qui déplaisait au curé, tandis qu’à Brigue-Glis, d’autres tensions ont également éclaté. Ces incidents ont révélé les failles du système actuel et la nécessité d’une refonte.
Une motion pour une refonte des relations Église-État
Le 12 juin 2026, Sebastian Werlen (PS), député suppléant au Grand Conseil, a déposé une motion avec Adrien Pinho (PS) et Julien Bagnoud (Les Verts), demandant une refonte fondamentale des relations entre l’Église et l’État. Cette initiative vise à adapter les règles actuelles, datant pour l’essentiel de 1991, à un contexte social et religieux en évolution.
Selon Sebastian Werlen, les conflits récurrents entre les communes et les paroisses ont mis en évidence un problème structurel du système actuel. Les auteurs de la motion soulignent que le paysage religieux du canton a changé, avec une augmentation des personnes sans confession, tout en maintenant une majorité catholique.
Les propositions pour une nouvelle réglementation
Les auteurs de la motion proposent de renforcer la collaboration entre les communes et les Églises locales, tout en accordant une plus grande autonomie financière aux communes. Ils reconnaissent néanmoins l’importance des fonctions sociétales, culturelles et sociales des Églises, qui devraient continuer à être soutenues par les pouvoirs publics.
Sebastian Werlen insiste sur la nécessité de distinguer clairement entre les fonctions culturelles et sociales de l’Église et les domaines tels que le culte, la catéchèse et la mission. Il souligne également l’importance de tenir compte des spécificités locales dans l’organisation des relations financières.
Les réactions des Églises et des communes
L’abbé Paul Martone, porte-parole de la partie germanophone du diocèse de Sion, reconnaît que le système actuel atteint progressivement ses limites, notamment en raison de la situation financière tendue de certaines communes. Cependant, il souligne que les relations entre les communes et les paroisses sont globalement bonnes et reposent sur le respect mutuel.
Du point de vue des Églises reconnues, la réglementation en vigueur offre toujours une base solide pour les relations entre l’Église et l’État. Toutefois, si le Parlement et la population devaient conclure à la nécessité d’une nouvelle base légale, le diocèse respecterait cette volonté politique.
En 2026, les électeurs valaisans avaient rejeté une nouvelle constitution cantonale qui aurait modifié le financement des Églises reconnues de droit public. Cette réforme aurait concentré l’essentiel des moyens financiers au niveau du diocèse, excluant les communes. Sebastian Werlen explique que, bien que son parti ait soutenu cette réforme, il n’était pas entièrement convaincu, préférant une solution qui tienne compte de l’importance des Églises locales.



