Alors que la France se prépare à voter le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, le gouvernement a clairement indiqué qu’il ne souhaitait pas instaurer une hausse généralisée de l’impôt. Au lieu de cela, il prévoit d’ajuster certaines niches fiscales afin de compenser le déficit public et d’atteindre un ratio de 44,2 % du PIB pour les prélèvements obligatoires, contre 43,9 % l’an passé. Cette évolution représente près de 9 milliards d’euros supplémentaires, principalement attribués à la lutte contre la fraude et à la réduction de dispositifs fiscaux jugés trop généreux.
Des ajustements ciblés sur les retraités
Parmi les mesures les plus visibles, le gouvernement envisage de revaloriser l’abattement de 10 % appliqué aux pensions et rentes. Le plafond actuel, fixé à 4 439 € par foyer fiscal, serait réduit à 3 000 €, ce qui devrait générer environ 1,4 milliard d’euros de recettes supplémentaires. En parallèle, une désindexation partielle des pensions par rapport à l’inflation est prévue: les retraités perçus entre 1 260 € et 2 034 € verront leurs augmentations ralenties, tandis que ceux dont les revenus dépassent ce seuil n’auront plus d’ajustement indexé sur l’inflation. Ces deux leviers visent à partager le coût du budget sans toucher aux services à la personne ni au crédit d’impôt recherche qui restent préservés.
Fiscalisation des indemnités d’arrêt maladie
Un autre axe d’intervention porte sur les indemnisations liées aux arrêts de travail. Aujourd’hui, les indemnités versées pour une affection de longue durée sont totalement exonérées, et celles liées à un accident du travail ou à une maladie professionnelle bénéficient d’une exonération partielle de 50 %. Le gouvernement propose de les soumettre à l’impôt afin de financer l’Assurance maladie, ambitionnant de récolter près de 2 milliards d’euros. Cette mesure s’inscrit dans la logique de « faire des efforts sur les arrêts maladie » avancée par le Premier ministre, tout en maintenant les dispositions protectrices pour les cas les plus graves.
Réduction des allégements de charges pour les entreprises
Concernant le secteur privé, l’État prévoit de prolonger le gel des allégements de charges introduit au printemps dernier, suite à la hausse du SMIC au 1er juin. Ce gel, qui a permis d’économiser 2 milliards d’euros, pourrait être renforcé en élargissant l’assiette de calcul des cotisations patronales. En pratique, cela signifie que davantage de rémunérations seront prises en compte, limitant les exonérations de cotisations et pouvant libérer entre 3 et 3,5 milliards d’euros supplémentaires. Parallèlement, la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises sera maintenue, mais son plafond sera revu à la baisse, passant de 7,5 milliards à 5 milliards d’euros.
Niches fiscales conservées et impact global
Sur les plus de 450 niches fiscales existantes, le gouvernement a décidé de ne pas toucher aux plus importantes. Le crédit d’impôt pour les services à la personne, qui couvre les dépenses de ménage et de garde d’enfants, reste intact, tout comme le pacte Dutreil, avantageux pour les transmissions familiales. En outre, le taux de TVA ne sera pas modifié, conforme à la promesse du ministre de l’Économie. Au total, le « budget 2027 » mobilise environ 54 milliards d’euros d’efforts collectifs, dont 45 milliards d’euros après retrait des mesures déjà prises en 2026, selon le ministre des Comptes publics.



