Le Conseil européen de mars 2026 a servi de cadre à une discussion intensive entre Emmanuel Macron, président de la République française, et Friedrich Merz, chancelier allemand. Le 15 octobre, lors de la réunion à Bruxelles, les deux chefs d’État ont annoncé un compromis visant à concilier la transformation écologique du parc automobile avec la compétitivité de leurs industries nationales.
Des objectifs de CO₂ revus à la hausse
Les constructeurs devront désormais réduire de 90 % les émissions moyennes de CO₂ de leurs véhicules neufs d’ici 2035, par rapport aux niveaux de 2021. La proposition initiale de la Commission européenne qui prévoyait en plus la compensation des 10 % restants grâce à de l’acier bas carbone et des biocarburants, a été abandonnée. La nouvelle règle laisse ces 10 % non compensés, la justification officielle reposant sur « l’utilisation croissante de carburants renouvelables », dont les biocarburants. Emmanuel Macron a rappelé sur X: « Nous portons une ambition claire: réussir la transformation de notre industrie automobile, tout en maintenant notre ambition climatique et notre production en Europe ».
Flexibilité pour les véhicules thermiques et renforcement du « Made in Europe »
L’Allemagne a conditionné son adhésion à l’accord à l’obtention de « flexibilités supplémentaires » pour les motorisations à combustion. Cette concession vise à protéger la puissante filière automobile allemande, qui continue de produire un volume non négligeable de voitures thermiques. En contrepartie, le gouvernement allemand a accepté d’appliquer une définition plus stricte de la préférence européenne dans le secteur automobile.
Selon les termes du nouveau cadre, tout véhicule bénéficiant d’aides publiques ou vendus à l’État doit être assemblé sur le territoire des Vingt-Sept et intégrer au moins 70 % de valeur européenne dans ses composants, la batterie étant exclue. À partir de 2028, 10 % du contenu des batteries devra également provenir de sources européennes ou de pays partenaires proches – le Royaume-Uni, la Norvège et la Suisse ont été cités comme exemples de partenaires admissibles.
Étapes parlementaires et réactions sectorielles
Le texte final doit encore obtenir l’aval du parti social-démocrate (SPD) au sein de la coalition allemande, Une fois adopté, il sera intégré à deux dossiers législatifs distincts: la révision des normes CO₂ automobiles et l’instauration de nouvelles règles de préférence européenne.
Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a exprimé son soutien en soulignant que « nous ne voulons pas que l’Allemagne se contente d’assembler des composants provenant d’Asie, mais que les composants essentiels soient développés et produits ici ». De son côté, les organisations patronales du secteur automobile, dont la CLEPA, ont salué le compromis comme « crucial » pour garantir la pérennité des emplois et la compétitivité contre la concurrence croissante des constructeurs chinois.



