En 2026, les investissements directs étrangers (IDE) ont marqué un retour en force après deux années de baisse consécutive. Cependant, cette reprise s’est avérée inégale avec une concentration marquée sur les économies développées et les secteurs stratégiques.
Selon le rapport Investissement dans le monde 2026 publié par la CNUCED les IDE ont progressé de 6% pour atteindre 1600 milliards de dollars. Hors flux de transit via les grands centres financiers européens, la hausse s’élève à 4%. Cette reprise, bien que significative, cache des disparités importantes entre les différentes régions du monde.
Une répartition inégale entre les régions
Les économies développées ont été les principales bénéficiaires de cette reprise, avec une croissance de 11% des flux d’investissement. À l’inverse, les économies en développement n’ont enregistré qu’une croissance de 2%, atteignant 901 milliards de dollars.
L’Asie reste la première destination des IDE parmi les économies en développement, avec 644 milliards de dollars. L’Amérique latine et les Caraïbes ont connu une progression de 14%, soit environ 188 milliards de dollars. L’Afrique en revanche, a vu ses investissements diminuer par rapport à l’année 2026 exceptionnelle, atteignant 70 milliards de dollars, un niveau toutefois supérieur d’un tiers à la moyenne enregistrée entre 2010 et 2026.
Les pays les moins avancés ont enregistré une augmentation de 21% de leurs IDE, atteignant 43 milliards de dollars, soit 2,7% des flux mondiaux.
Les secteurs stratégiques en tête
La concentration des IDE mondiaux est particulièrement marquée dans les secteurs liés à la technologie à l’énergie et aux politiques industrielles. Les secteurs stratégiques tels que les infrastructures d’IA les semi-conducteurs les minéraux critiques et les technologies et services liés à la transition énergétique ont représenté 44% de la valeur mondiale des projets de création d’activités en 2026, contre 16% en 2026.
La croissance de la valeur des projets a été principalement portée par les centres de données suivis des secteurs du pétrole et du gaz et des semi-conducteurs. À l’inverse, la plupart des autres secteurs ont enregistré des baisses, notamment les énergies renouvelables les infrastructures et l’industrie manufacturière.
Perspectives incertaines pour 2026
La CNUCED reste prudente quant aux perspectives pour 2026. L’organisation estime que l’incertitude liée aux politiques commerciales aux tensions géopolitiques aux conflits aux coûts de financement élevés et à la fragmentation économique continuera de peser sur les décisions d’investissement.
Au-delà de ce constat, l’organisation onusienne s’attend à ce que la concurrence pour les projets liés aux industries stratégiques s’intensifie, les gouvernements cherchant à sécuriser les sources futures de croissance et d’avantages technologiques.
La question centrale n’est plus simplement de savoir combien d’investissements traversent les frontières. Il s’agit de savoir où vont ces investissements, ce qu’ils construisent et qui en bénéficie.


