Aller au contenu
21 juin 2026

La Fed sous Kevin Warsh: vers une nouvelle approche de l’inflation et de la productivité

Kevin Warsh, nouveau président de la Réserve fédérale américaine, lance une refonte des méthodes de la Fed pour mieux mesurer l'inflation et la productivité.

La Fed sous Kevin Warsh: vers une nouvelle approche de l'inflation et de la productivité

Dans un contexte économique en constante évolution, Kevin Warsh, le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé jeudi une série de réformes ambitieuses. Ces changements visent à moderniser les outils de mesure de l’inflation et de la productivité tout en réaffirmant l’objectif de 2% d’inflation.

Lors de sa première conférence de presse, Warsh a confirmé le maintien des taux d’intérêt dans la fourchette de 3,50% à 3,75%, tout en révisant à la hausse les projections d’inflation pour la fin de l’année à 3,6%. Mais au-delà des chiffres, c’est une véritable révolution méthodologique que le nouveau président entend mettre en œuvre.

Cinq groupes de travail pour une refonte en profondeur

Pour concrétiser sa vision, Kevin Warsh a annoncé la création de cinq groupes de travail, ou task forces composés des meilleurs experts de la Fed. Ces groupes commenceront leurs travaux sous quinze jours et devraient présenter leurs recommandations avant la fin de l’année.

Le premier groupe se concentrera sur la communication de la Fed. Warsh estime que l’institution est devenue trop bavarde ces dernières années, notamment en matière d’orientation ou guidance. Il souhaite revenir à une communication plus sobre et plus efficace, en se basant davantage sur les données actuelles que sur les projections.

Le deuxième groupe évaluera le bilan financier de la Fed. Warsh souhaite réduire le stock d’actifs accumulés depuis la grande crise financière, en mesurant les avantages et les risques de vastes réserves.

Modernisation des sources d’information

Le troisième groupe se penchera sur les sources d’information et les méthodes de collecte de données. Warsh critique les études nationales actuelles, qu’il juge démodées et inadaptées à l’économie américaine en 2026. Il souhaite intégrer des données en temps réel, plus précises et plus pertinentes.

L’an dernier, les statistiques du marché du travail ont été drastiquement révisées, en partie à cause de réductions d’effectifs et du gel des crédits gouvernementaux pendant quarante jours. Ces incidents ont mis en lumière la nécessité de moderniser les méthodes de collecte de données.

Intelligence artificielle et productivité

Le quatrième groupe étudiera l’impact de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies sur la productivité. Warsh considère l’IA comme un facteur de croissance non inflationniste grâce aux gains de productivité qu’elle engendre.

Enfin, le cinquième groupe planchera sur la manière d’appréhender l’inflation. Il devra proposer de nouveaux outils pour assurer la stabilité des prix dans une économie en mutation. Warsh préfère des indicateurs ajustés, qui écrêtent les pics d’inflation concentrés sur certains produits.

Une approche centrée sur le présent

Kevin Warsh a souligné l’importance de se concentrer sur les données actuelles plutôt que sur les échos du passé. Ce qui nous intéresse, c’est ce qui se passe maintenant a-t-il déclaré, en insistant sur la nécessité de retirer les œillères de la Fed.

Il a également critiqué la communication de son prédécesseur, Jerome Powell, sur l’inflation, qui dépasse la cible de 2% depuis cinq ans. Warsh a promis de réparer cette situation en réaffirmant l’engagement fort et unanime de la Fed à atteindre cet objectif.

En modernisant ses méthodes et en se concentrant sur les données actuelles, l’institution entend mieux répondre aux défis économiques de 2026.