Le 6 juillet 2026, Emmanuel Macron a posé le pied sur le sol syrien pour une visite de deux jours, la première d’un chef d’État français en Syrie depuis 2009. Cette visite, marquée par une forte tension sécuritaire, ouvre une nouvelle ère dans les relations entre Paris et Damas.
Accompagné d’une délégation de dirigeants d’entreprises françaises, le président français a pour objectif de renforcer les liens économiques et de soutenir la transition politique en Syrie. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de reconstruction du pays après une longue guerre civile.
Une visite historique dans un contexte tendu
La visite d’Emmanuel Macron en Syrie s’est déroulée dans un climat de très forte tension. Mardi 7 juillet au matin, des explosions près de l’hôtel où le président français avait passé la nuit ont blessé au moins 18 personnes. Malgré cet incident, Macron a poursuivi son déplacement, assurant l’Élysée de son indemnité.
Cette visite marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre Paris et Damas. Depuis le début de la guerre civile en 2011, la France avait rompu tout contact avec le régime de Bachar al-Assad. Le renversement de ce dernier en décembre 2026 a permis à Paris de reprendre progressivement le dialogue avec les nouvelles autorités dirigées par Ahmed al-Charaa.
Renforcer les liens économiques entre les deux pays
La diplomatie n’est pas le seul objectif de ce déplacement. Emmanuel Macron est accompagné d’une délégation de dirigeants d’entreprises françaises, dont Rodolphe Saadé, PDG de CMA-CGM, et Patrick Pouyanné, patron de TotalEnergies. Un forum économique consacré à la reconstruction de la Syrie et aux corridors stratégiques a été organisé pour évoquer les investissements nécessaires pour rebâtir le pays.
Les besoins en matière de reconstruction sont immenses. Routes, ports, réseaux d’eau et d’électricité, logements, bâtiments publics et infrastructures industrielles doivent être reconstruits. Dans un rapport datant de 2026, la Banque mondiale estime le coût de cette reconstruction à plus de 216 milliards de dollars. L’enjeu pour Paris est de ne pas laisser le terrain aux pays du Golfe ou à la Turquie, déjà très actifs dans le pays.
Stabiliser la Syrie pour éviter le retour de la menace jihadiste
La sécurité reste au cœur des préoccupations françaises. Si le groupe État islamique a perdu le territoire qu’il contrôlait, ses combattants sont toujours actifs dans plusieurs régions syriennes. La France reste engagée dans la coalition internationale contre l’organisation jihadiste et considère qu’une Syrie stable est essentielle pour éviter le retour de la menace.
Emmanuel Macron a réaffirmé sur X vouloir porter « l’engagement de la France auprès du peuple syrien », en faveur d' »une Syrie souveraine, unie dans sa pluralité et en paix avec ses voisins ». Derrière cette formule, le président de la République souhaite accompagner la transition politique du pays, annonce l’Élysée.
La France souhaite également accompagner les nouvelles autorités dans la mise en place d’une justice transitionnelle, afin que les crimes commis pendant la guerre soient documentés et jugés. « La nouvelle Syrie ne sera notre partenaire qu’à la condition que sa pluralité soit parfaitement prise en compte », a prévenu l’Élysée. « Pas question » qu’un « pouvoir exclusif se substitue à un autre pouvoir exclusif ».


