Un chapitre se ferme définitivement pour la plateforme chimique de Vencorex à Pont-de-Claix. Le projet Exalia, porté par Séverine Dejoux et Olivier Six, a annoncé son abandon définitif le mardi 9 juin. Ce projet, qui visait à relancer une partie de l’activité de Vencorex, a été plombé par des obstacles procéduraux et une logique purement liquidative.
L’annonce de cet abandon a été faite avec un profond sentiment de révolte, d’amertume et d’immense gâchisselon les porteurs du projet. Ils dénoncent une rigidité dans l’application des procédures collectives qui a condamné leur initiative.
Un projet ambitieux pour la filière chlore-soude
Le projet Exalia avait été lancé l’an dernier après le rachat d’une partie de Vencorex par le groupe chinois Wanhua en avril 2026. L’objectif était de produire de manière décarbonée de l’acide chlorhydriquede la soude et du chlore liquide pour l’industrie et l’agroalimentaire. Ce projet prévoyait de recréer plus de 250 emplois directs à court terme.
Séverine Dejoux, ancienne salariée de Vencorex, et Olivier Six, dirigeant de la société CIC Orio basée à Champ-sur-Drac, avaient mis toutes leurs forces dans ce projet. Ils étaient soutenus par de nombreux élus locaux, mais leurs efforts n’ont pas suffi à surmonter les obstacles.
Les verrous procéduraux et la décision du tribunal
Le 24 mars 2026, le tribunal des affaires économiques de Lyon a rejeté leur offre de reprise et validé la cession de l’essentiel des installations à un ferrailleur. Malgré une seconde offre pour racheter les actifs restants et négocier avec le ferrailleur, les porteurs du projet n’ont pas réussi à convaincre.
Dans leur communiqué, ils dénoncent les impératifs de délaisl’inertie et les verrous procéduraux qui ont condamné le projet. Ils qualifient cet échec de drame humain, industriel et stratégique et appellent à une réforme du droit des procédures collectives.
Un appel à la réforme des procédures collectives
Les porteurs du projet Exalia estiment que le droit des procédures collectives ne peut plus être le fossoyeur de notre souveraineté industrielle. Ils dénoncent une logique purement liquidative qui privilégie les gains financiers immédiats au détriment de la continuité industrielle.
Cet échec constitue un revers supplémentaire pour la plateforme chimique du Pont-de-Claix, déjà fragilisée depuis la chute de Vencorex. Il soulève des questions sur la gestion des liquidations judiciaires et la prise en compte des enjeux sociaux, industriels et territoriaux.
L’abandon définitif du projet Exalia laisse un goût amer et pose la question de l’avenir de la filière chlore-soude en France. Les porteurs du projet espèrent que leur échec servira de leçon et conduira à des réformes nécessaires pour préserver l’industrie nationale.



