Marine Le Pen a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 lors d’une apparition sur TF1. Cette annonce intervient malgré sa récente condamnation pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement National.
La cheffe de file des députés RN a immédiatement déposé un pourvoi en cassation une démarche qu’elle estime suspendre les effets de sa condamnation, notamment le port du bracelet électronique. Cette stratégie lui permettrait de mener campagne sans cette contrainte.
Une campagne sous le signe de la contestation
Le lancement de la campagne de Marine Le Pen à La Flèche, en Sarthe, a été marqué par des manifestations d’opposants. Les cris de « Voleuse ! En prison ! » ont accueilli la candidate, accompagnée de Jordan Bardella, président du Rassemblement National. Les manifestants, principalement issus de La France Insoumise et des écologistes, ont rappelé la condamnation de Marine Le Pen.
Malgré les huées, Marine Le Pen a maintenu sa position, affirmant son innocence et soulignant que son pourvoi en cassation lui redonne son éligibilité. « Je suis innocente des faits qui me sont reprochés », a-t-elle déclaré devant les médias.
Réactions politiques et enjeux de la campagne
Les réactions à l’annonce de Marine Le Pen n’ont pas tardé à fuser. Gabriel Attal a pointé la « dimension morale » de cette candidature, tandis qu’Édouard Philippe a invité Marine Le Pen à « expliquer » ce « reniement » aux Français. À gauche, Marine Tondelier a critiqué une manoeuvre juridique pour « faire diversion ».
En revanche, des figures comme Eric Ciotti et Eric Zemmour ont salué cette candidature, estimant que c’est aux Français de trancher. Emmanuel Macron, quant à lui, a refusé de commenter, rappelant l’indépendance de la justice.
Stratégie et enjeux pour 2027
Marine Le Pen et Jordan Bardella caracolent en tête des sondages, avec des intentions de vote dépassant les 30%. Bardella, souvent perçu comme le favori, bénéficie d’une stratégie de « dédiabolisation » initiée par Marine Le Pen il y a quinze ans. Cependant, cette condamnation pourrait compliquer leur parcours.
Jean-Luc Mélenchon a assuré que rien ne changerait, quelle que soit la candidature du RN, tandis que Raphaël Glucksmann a promis de combattre « jusqu’au bout » la personne qui représentera le RN. La campagne présidentielle s’annonce donc particulièrement tendue, avec des questions éthiques qui reviendront régulièrement.
Par ailleurs, Jean Lassalle, candidat aux deux dernières élections présidentielles, a lancé une cagnotte pour financer sa campagne. Il vise un minimum de 100.000 euros et compte annoncer sa candidature à l’automne si les fonds sont suffisants. Cette initiative souligne les défis financiers auxquels font face les petits partis.

