Les dernières prévisions d’emploi en France pour le troisième trimestre 2026 révèlent un ralentissement marqué des intentions d’embauche. Ce phénomène, inédit depuis 2026, s’explique par un contexte économique et géopolitique complexe.
Selon les données présentées lors de VivaTech, les entreprises françaises adoptent une attitude prudente face à un environnement incertain. Cette tendance affecte particulièrement certains secteurs, tandis que d’autres parviennent à maintenir une dynamique positive.
Un contexte économique et géopolitique défavorable
Le baromètre trimestriel de Manpower indique une baisse significative des intentions d’embauche pour la période de juin à septembre 2026. Cette tendance s’inscrit dans un contexte marqué par le conflit au Moyen-Orient qui a poussé les entreprises à la prudence. Malgré l’annonce d’un accord de paix entre Washington et Téhéran, les incertitudes persistent.
La croissance économique française a marqué un coup d’arrêt au premier trimestre 2026, avec une contraction de 0,1 point de PIB. Cette situation s’explique par un recul de la consommation des ménages (-0,1 point) et un repli de l’investissement (-0,4 point). Ces facteurs ont un impact direct sur les décisions d’embauche des entreprises.
Des secteurs variablement impactés
Les entreprises de plus de 5 000 salariés davantage exposées aux marchés internationaux, sont les plus touchées par ce ralentissement. À l’inverse, les sociétés plus modestes, ancrées localement, ressentent moins cette prudence.
Certains secteurs, comme l’agroalimentaire le luxe et l’automobile sont particulièrement affectés. En revanche, l’aérospatial la défense l’énergie et le ferroviaire affichent des soldes d’embauche positifs. Ces secteurs bénéficient des investissements stratégiques et du contexte géopolitique actuel.
Des pénuries de profils qualifiés
Benoît Derigny, patron de Manpower France, souligne que les pénuries de profils qualifiés, notamment dans les métiers manuels et industriels, vont s’intensifier. Le secteur de l’aérospatial et de la défense vise
Les ménages, eux aussi, sont touchés par ce climat d’incertitude. Ils adoptent une attitude plus prudente dans leurs dépenses, ce qui influence également les perspectives d’embauche.
Perspectives et défis futurs
La Banque de France avait déjà souligné, dans son Bulletin 245/4 (mars-avril 2026), les difficultés de recrutement rencontrées par les entreprises. Entre mai 2026 et mars 2026, la part des entreprises déclarant des difficultés de recrutement était passée de 36 % à 52 %, avec 350 000 emplois non pourvus au quatrième trimestre 2026.
Malgré un marché du travail exceptionnellement dynamique en 2026 et 2026, les problèmes de qualification ont persisté. Les entreprises doivent désormais faire face à un double défi: un contexte économique incertain et des pénuries de compétences spécifiques.



