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29 juillet 2026

Politique migratoire française : analyse critique d’un rapport influent

Un rapport de l'Institut Thomas More critique 50 ans de politique migratoire française, relançant le débat sur les sans-papiers et le regroupement familial.

Politique migratoire française : analyse critique d'un rapport influent

La question de l’immigration en France refait surface avec la publication d’un rapport de l’Institut Thomas More intitulé 1975-2026 – Les cinquante décisions qui ont coulé la France. Ce document de plus de 100 pages passe au crible un demi-siècle de politiques publiques et pointe du doigt plusieurs réformes migratoires comme responsables des défis actuels du pays.

Alors que l’élection présidentielle de 2027 approche, ce rapport entend alimenter le débat public sur des sujets sensibles comme le contrôle des frontières les expulsions et les mécanismes de régularisation. Les questions migratoires figurent régulièrement parmi les principales préoccupations des électeurs français.

Un demi-siècle de politique migratoire sous examen

L’Institut Thomas More, un laboratoire d’idées français, analyse dans cette étude cinquante décisions politiques adoptées entre 1975 et 2026. Selon ses auteurs, ces choix auraient progressivement affaibli la capacité de l’État à contrôler l’immigration, à assurer la sécurité et à préserver les finances publiques.

Parmi les mesures critiquées figurent l’abrogation de la loi Peyrefitte en 1983, la suppression des peines planchers en 1994, la loi Taubira de 2014 sur la contrainte pénale ou encore la décision du Conseil constitutionnel de 2018 consacrant le principe de fraternité. Les auteurs estiment que ces réformes ont participé à un « grand renoncement français », une expression utilisée tout au long du rapport pour qualifier l’évolution des politiques publiques.

Régularisations et regroupement familial dans le viseur

Le chapitre consacré aux sans-papiers met particulièrement l’accent sur deux décisions jugées majeures. La première remonte à 1976, avec la mise en place du regroupement familial. Ce dispositif permet à un étranger résidant légalement en France de faire venir certains membres de sa famille sous conditions.

La seconde décision évoquée concerne la régularisation exceptionnelle de travailleurs étrangers en situation irrégulière décidée en 1981 après l’arrivée de François Mitterrand à l’Élysée. Tarick Dali, administrateur de l’Institut Thomas More, considère que cette mesure a marqué un tournant en institutionnalisant une situation d’irrégularité.

Un impact potentiel sur la présidentielle de 2027

L’étude ne se limite pas à dresser un constat. Ses auteurs annoncent déjà la publication d’un second volet à l’automne 2026, consacré aux solutions qu’ils proposent pour redresser le pays. L’objectif affiché est d’influencer les programmes des candidats à l’élection présidentielle de 2027.

Ces thèmes occupent déjà une place importante dans le débat politique français, alors que les questions migratoires figurent régulièrement parmi les principales préoccupations des électeurs. La publication de ce rapport intervient dans un contexte où les sans-papiers en France font l’objet de débats récurrents entre les défenseurs d’un renforcement de la politique migratoire et ceux qui plaident pour une approche davantage axée sur les droits humains et l’intégration.

Si le document de l’Institut Thomas More suscite déjà de nombreuses réactions, il représente avant tout la position d’un cercle de réflexion et non celle des pouvoirs publics. Ses analyses devraient néanmoins alimenter les discussions dans les prochains mois, notamment à mesure que la campagne présidentielle de 2027 prendra forme.