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18 juillet 2026

Polymarket bloqué en France : l’ANJ durcit le ton contre les paris cryptographiques

La France a décidé de bloquer complètement l'accès à Polymarket, une plateforme de paris cryptographiques très populaire. Découvrez les détails de cette décision et ses conséquences.

Polymarket bloqué en France : l'ANJ durcit le ton contre les paris cryptographiques

La France vient de franchir une étape décisive dans sa lutte contre les paris cryptographiques. L’Autorité nationale des jeux (ANJ) a ordonné le blocage intégral de Polymarket une plateforme qui permet de parier sur des événements réels en utilisant des cryptomonnaies.

Cette décision intervient après des mois de tensions et de controverses autour de cette plateforme, qui attire des milliers d’utilisateurs français malgré les interdictions. Mais pourquoi une telle mesure ? Quels sont les enjeux derrière ce blocage ?

Un contexte de croissance malgré les interdictions

Polymarket, exploité par la société panaméenne Adventure One QSS Inc permet aux utilisateurs de parier sur des événements variés, allant des élections aux matchs de football, en passant par les annonces technologiques. La plateforme a connu une croissance fulgurante, malgré les interdictions et les mesures de géoblocage mises en place.

En novembre 2026, l’ANJ avait déjà mis en demeure Polymarket, soulignant que ses services s’apparentaient à une offre de jeux d’argent et de hasard non autorisée en France. En réponse, la plateforme avait mis en place un géoblocage pour empêcher les transactions financières depuis la France. Cependant, cette mesure s’est avérée inefficace, car les utilisateurs pouvaient facilement contourner la restriction en utilisant un VPN.

Entre septembre 2026 et janvier 2026, le nombre de visites en provenance de France a été multiplié par quatre, passant de 200 000 à 800 000 visites mensuelles. En juin 2026, Polymarket a enregistré 578 751 visites et 205 057 visiteurs uniques depuis la France, selon les données de Similarweb.

Des incidents suspects et des enquêtes en cours

La décision de l’ANJ de bloquer complètement l’accès à Polymarket a été motivée par plusieurs incidents suspects. En avril 2026, des capteurs de température utilisés par Météo-France à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle ont enregistré des hausses brutales et improbables, coïncidant exactement avec l’échéance de paris sur Polymarket concernant la température maximale à Paris. Certains parieurs ont

Une enquête a été ouverte le 4 mai 2026 par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris. Les investigations ont révélé l’absence totale de dispositif d’identification des utilisateurs de type KYC (Know Your Customer). L’ANJ a souligné que le site « fait la promotion d’une offre illégale de jeux d’argent et de hasard » et rappelle que « les sites de prédiction ne sont pas autorisés en France et qu’ils sont considérés comme des sites de jeux d’argent illégaux et exposent donc leurs utilisateurs à de nombreux risques (addiction, intégrité, etc.) ».

L’autorité a également mentionné que « certains paris proposés sur cette plateforme apparaissaient faussés », en référence à l’affaire des sondes de l’aéroport. Ces incidents ont alimenté les soupçons de manipulation et de délits d’initiés poussant l’ANJ à prendre des mesures plus strictes.

Un blocage intégral et une tendance européenne

En réaction à ces incidents, l’ANJ a ordonné aux fournisseurs d’accès à Internet français de bloquer purement et simplement l’accès au site Polymarket. Jusqu’ici, seules les transactions financières étaient géobloquées, mais le site restait consultable. Ce ne sera désormais plus le cas.

La France rejoint Cependant, il reste toujours possible de contourner ces blocages en utilisant un VPN ou en changeant les DNS.

Cette décision s’inscrit dans une tendance plus large de régulation des marchés prédictifs en Europe. Plusieurs pays ont déjà restreint ou bloqué l’accès à ces plateformes, illustrant la disparité des approches réglementaires face à l’essor des marchés prédictifs. Aux États-Unis, en revanche, Polymarket et son concurrent Kalshi opèrent en toute légalité.

Cette décision reflète les préoccupations croissantes des autorités face aux risques d’addiction, d’intégrité et de manipulation associés à ces plateformes. Reste à voir comment les utilisateurs et les opérateurs de ces marchés prédictifs réagiront à cette nouvelle mesure.