Dans un contexte de tensions croissantes, Polymarket la plateforme américaine de paris sur l’actualité, a décidé de contester en justice le blocage de son site en France. Cette décision, prise par l’Autorité nationale des jeux (ANJ) soulève des questions bien au-delà du simple cadre des paris en ligne.
Le conflit remonte à novembre 2026, lorsque Polymarket avait volontairement géobloqué les transactions depuis la France, suite à une première mise en demeure de l’ANJ. Cependant, la consultation du site restait possible, ce qui a conduit l’autorité à durcir sa position.
Les raisons du blocage par l’ANJ
L’ANJ considère que laisser le site accessible peut être assimilé à de la publicité pour une activité non autorisée en France. Cette pratique est passible d’une amende de 100 000 euros. Le régulateur s’appuie également sur la progression de l’audience du site, avec 578 751 visites et 205 057 visiteurs uniques en juin 2026.
Sur Polymarket, les utilisateurs peuvent miser en temps réel sur des sujets variés, allant du bitcoin à la politique, en passant par la météo ou le sport. Cependant, l’absence de dispositif d’identification des utilisateurs et les soupçons de manipulation de données météo ont pesé lourd dans la décision de l’ANJ.
Un blocage contournable mais effectif
Depuis le 17 juillet, les fournisseurs d’accès à Internet français doivent empêcher l’accès à Polymarket. Cependant, cette mesure reste contournable. Un changement de serveur DNS ou l’utilisation d’un VPN suffit pour accéder au site.
L’affaire de la sonde météo de Météo-France à Roissy, manipulée en avril, a également compliqué le dossier. Une enquête a été ouverte en mai, alourdissant le contexte de cette affaire.
La riposte juridique de Polymarket
Polymarket affirme avoir engagé les voies juridiques appropriées pour contester la décision de l’ANJ. La plateforme souligne que la France montre un engagement fort en faveur de l’innovation financière et technologique, et que ses échanges récents avec les autorités françaises ont été constructifs.
Pour l’instant, ni l’ANJ ni le tribunal administratif de Paris n’ont répondu aux sollicitations. La suite de cette affaire se jouera donc sur le terrain judiciaire.



