Dans un développement significatif pour le secteur des télécoms français, l’Autorité française de la concurrence a été désignée pour examiner le projet de rachat de SFR par un consortium composé de Iliad (Free), Bouygues et Orange. Cette décision, prise par la Commission européenne met fin à une période d’incertitude concernant la juridiction compétente pour évaluer cette transaction complexe.
L’opération, d’une valeur de 20,35 milliards d’euros représente l’une des plus importantes transactions du secteur des télécoms en France depuis l’arrivée de Free sur le marché mobile en 2012. Elle implique la répartition des actifs de SFR propriété d’Altice France entre les trois opérateurs.
Un transfert de compétence bien accueilli
La Commission européenne a estimé que l’Autorité française de la concurrence était la mieux placée pour examiner cette opération. Cette décision a été prise en accord avec Iliad qui avait sollicité le renvoi du dossier. Les autres groupes impliqués, Orange et Bouygues avaient également exprimé leur préférence pour un traitement en France.
L’Autorité de la concurrence a indiqué qu’elle continuera à coopérer avec la Commission européenne pendant l’instruction, qui devrait durer au moins 18 mois. Cette collaboration est essentielle pour garantir une évaluation complète et équitable de l’opération.
Les modalités de l’opération
Les trois opérateurs ont conclu un protocole d’accord en juin pour racheter SFR. Les modalités de participation ont déjà été définies: Bouygues Telecom prendra à sa charge 42% du prix de vente, Free-Groupe Iliad 31% et Orange 27%.
En termes de répartition des actifs, Bouygues Telecom obtiendra notamment le segment B2B de SFR c’est-à-dire les offres dédiées aux professionnels,
Un secteur sous haute surveillance
Le président de l’Autorité de la concurrenceBenoît Cœuré avait déjà souligné que cette opération n’allait pas de soi évoquant un rapprochement sur un marché déjà très concentré. Il a toutefois précisé que si nous avions déjà conclu que le passage de quatre à trois opérateurs sur le marché français était nécessairement anticoncurrentiel, nous l’aurions dit.
Cette opération, si elle aboutit, entraînera une reconfiguration inédite du secteur des télécoms en France. Elle soulève des questions importantes sur la concurrence et la diversité des offres disponibles pour les consommateurs.


