Le 17 octobre approche, jour où plusieurs mouvements sociaux, dont les gilets jaunes et les lycéens, prévoient de converger dans les rues de la capitale. Dans ce contexte, le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a transmis aux autorités judiciaires les propos de l’influenceur connu sous le pseudo Rayan PSN. Au cours d’une diffusion en direct sur Twitch, l’auteur du compte, Rayanne B., a déclaré que le samedi serait une « war zone » et a sollicité des « chefs de meute » prêts à s’engager dans des affrontements, rappelant
Le dossier judiciaire contre Rayan PSN
Après avoir rassemblé plusieurs extraits de ses interventions, la préfecture de police a signalé à la justice un cas d’incitation à commettre un crime ou un délit. La plainte précise que l’influenceur a explicitement invité ses abonnés, déjà plus d’un million, à participer à des actions violentes, à se présenter en garde à vue et à rejoindre des « gardes à vue » déjà existantes. L’enquête devra déterminer si ces propos constituent une réelle menace pour l’ordre public. La décision finale reviendra à l’autorité judiciaire qui évaluera la gravité des faits et les sanctions éventuelles.
L’influence grandissante des créateurs de contenu
Le phénomène Rayan PSN s’inscrit dans une dynamique plus large. Selon une étude universitaire publiée en 2025, 78 % des jeunes de 15 à 30 ans suivent au moins un influenceur. Au Canada, plus de 882 000 créateurs sont actifs, et les plateformes Instagram, TikTok et YouTube deviennent les principales sources d’information, de produits et même de débats politiques. La répartition démographique révèle que 64 % des influenceurs Instagram sont des femmes, 62 % des TikTokers ont moins de 25 ans, et 78 % des YouTubers sont des hommes de moins de 35 ans. Cette diversification montre que presque tout détenteur d’un smartphone peut potentiellement devenir une voix publique.
Les acteurs du marketing tirent profit de cette évolution. Selon le Journal of Business Research le marché mondial de la publicité par les influenceurs devrait dépasser les 80 milliards de dollars d’ici 2030. Des créateurs comme @thisguyabdullah (Abdullah Zaidi) touchent plus de 1,2 million d’abonnés sur TikTok, tout en revendiquant une responsabilité éthique vis-à-vis de leurs fans. D’autres, comme le commentateur politique Frank Domenic, privilégient des formats courts (une à deux minutes) pour décortiquer l’actualité, confirmant que le consommateur moderne préfère l’information « en temps réel » plutôt que les reportages traditionnels.
Conséquences sur le comportement d’achat et la société
Au cœur de l’été, les influenceurs deviennent des vecteurs majeurs de consommation. Leurs recommandations façonnent les tendances vestimentaires, les destinations de vacances et même les produits de beauté. Un observateur avisé note que les campagnes sponsorisées, lorsqu’elles sont transparentes, peuvent stimuler les ventes de façon exponentielle, alors que les contenus déguisés en recommandations sincères risquent de perdre la confiance du public.
Pour naviguer dans cet environnement, les experts conseillent de vérifier la cohérence entre les valeurs de l’influenceur et ses partenariats, de scruter les interactions réelles (commentaires, partages) et d’exiger la transparence sur les contenus sponsorisés. En privilégiant la qualité plutôt que la simple notoriété, les internautes peuvent profiter des conseils sans être manipulés par la publicité masquée.
Parallèlement, l’essor des créateurs de contenu redessine la façon dont les informations et les achats sont consommés, plaçant le discernement et la responsabilité au centre du débat sociétal.



