Dans un contexte économique difficile marqué par une consommation en berne, un chômage en hausse et une dette record, l’industrie française se distingue comme une lueur d’espoir. Le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a souligné lors d’une interview sur franceinfo le rôle crucial de ce secteur dans l’évitement de la récession. Selon lui, l’industrie pourrait même devenir le principal moteur de la croissance du pays.
Les dernières données économiques montrent une croissance de 1% en mars et de 0,4% en avrilune tendance que Martin attribue à des politiques clés comme le nouveau nucléaire et le plan d’électrificationtouchant 6 000 usines et 600 000 salariés. La défense est également un secteur en plein essor, contribuant à cette dynamique positive.
Une résilience industrielle qui se confirme
Le ministre a souligné la résilience de l’industrie française, notamment dans des secteurs comme la chimie, la plasturgie, la verrerie, le raffinage, le matériel et le transport hors automobile. Cette tendance n’est pas conjoncturelle, mais bien structurelle, selon Martin. Il a cité des exemples concrets, comme les milleurs de recrutements en cours en Bourgogne-Franche-Comté dans le secteur nucléaire et les 6 000 emplois industriels supplémentaires prévus d’ici 2030 dans le Cotentin, autour de la défense et du nucléaire.
Martin a rappelé que la réindustrialisation n’est pas une simple promesse, mais une nécessité. Entre 2005 et 2015, plus d’un million d’emplois industriels ont été détruits en France. Cependant, entre 2018 et 2026, 180 000 emplois ont été recréés, marquant un tournant positif.
Les défis de la compétitivité
Interrogé sur les difficultés rencontrées par des entreprises comme Michelinqui prévoit de supprimer 1 500 emplois en France, Martin a rejeté l’idée d’un problème structurel de compétitivité. Il a expliqué que l’Insee a corrigé ses erreurs, plaçant la France dans la moyenne européenne en termes de compétitivité, notamment sur la qualité de la main-d’œuvre. Les difficultés de Michelin seraient plutôt dues aux importations chinoises pratiquant des prix inférieurs aux coûts de la matière.
Depuis son arrivée, Martin a mis en place 16 mesures de protection au niveau européen, avec des mesures supplémentaires à venir pour les pneumatiques. Concernant Duralexconfronté à des difficultés financières malgré un précédent soutien de l’État, Martin a indiqué que le gouvernement regarde les raisons de la situation avant de tirer les conséquences. Il a souligné que la forme juridique (SCOP ou SA) n’est pas déterminante, mais plutôt la nécessité d’une vision industrielled’une équipe dirigeante mobilisée, d’un business plan solide et d’une clientèle pour assurer la pérennité d’une entreprise.



