À moins d’un an de l’élection présidentielle, la question de la retraite par capitalisation s’impose dans le débat public. Cette idée, longtemps associée à la droite, séduit désormais des candidats de tous bords politiques, y compris à gauche.
Philippe Brun, député socialiste de l’Eure et candidat à la primaire du camp social-démocrate, a récemment annoncé son intention de créer un système mixte avec beaucoup de capitalisation. Cette proposition marque une rupture au sein de la gauche, traditionnellement attachée au régime par répartition.
Une proposition inédite à gauche
Philippe Brun justifie son choix par l’évolution démographique: Il n’y a pas aujourd’hui assez d’actifs par retraité, donc ça ne marchera pas. Il propose d’affecter 15 milliards d’euros par an à un fonds de pension public géré par les syndicats, comme l’avait imaginé Lionel Jospin.
Ce fonds, selon lui, se distinguerait des dispositifs privés défendus par d’autres candidats: C’est l’inverse de la capitalisation privée proposée par Mme Le Pen et M. Philippe !. Avec un rendement de 4% par an, ce fonds servirait à investir dans la transition écologique, l’intelligence artificielle et la souveraineté industrielle française.
La capitalisation, une solution incontournable pour le centre et la droite
Du côté du centre et de la droite, la capitalisation est considérée comme une solution indispensable pour garantir la pérennité du système de retraite. Edouard Philippe, ancien Premier ministre et président du parti Horizons, souhaite atteindre 15% de part de capitalisation dans le système de retraite.
Bruno Retailleau, candidat des Républicains (LR), soutient également la retraite par capitalisation, affirmant: La seule façon de faire un fonds souverain sans avoir de la monnaie de singe, c’est la retraite par capitalisation. David Lisnard, maire de Cannes et fondateur du parti Nouvelle Energie, va dans le même sens: C’est la condition absolue, mathématique et logique pour compléter un régime par répartition quand la population vieillit !.
Gabriel Attal, ancien Premier ministre et patron du parti Renaissance, propose que 1000 euros soient versés par l’Etat à chaque nouveau-né sur un compte de capitalisation. Paul Midy, député Ensemble pour la République (EPR), estime que cette mesure offrirait à chaque génération un capital pour sa future retraite, diversifierait les financements du système actuel et soutiendrait la natalité.
Un débat qui traverse désormais la gauche
L’idée de la retraite par capitalisation, historiquement portée par la droite, fait désormais débat à gauche, notamment après la prise de position de Philippe Brun. Raphaël Glucksmann, fondateur de Place Publique, a déclaré: Je suis capable d’abord de demander aux Français qui ont le plus de faire des efforts pour les Français qui ont le moins. Ça va être un effort commun au service de l’avenir de notre jeunesse.
Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, s’est dite favorable à l’instauration d’une part de capitalisation volontaire dans le système des retraites, pour ceux qui le peuvent.



