Dans la nuit du 13 au 14 juin 2026, une opération criminelle a secoué plusieurs communes des Bouches-du-Rhône. Quatre individus ont été interpellés après avoir séquestré deux femmes pour leur soutirer des cryptomonnaies. Cette affaire, gérée par la Brigade de répression du banditisme de Marseille, s’inscrit dans un contexte de multiplication des agressions liées aux actifs numériques en France.
Les faits soulignent une tendance inquiétante: les crypto-kidnappingsoù les proches des détenteurs de cryptomonnaies deviennent des cibles de choix pour les malfaiteurs. Cette pratique, en pleine expansion, a déjà fait plus de 70 victimes en France depuis le début de l’année 2026.
Une nuit de violences dans les Bouches-du-Rhône
Tout a commencé vers 3 heures du matin le samedi 13 juin dans le 13e arrondissement de Marseille, quartier des Olives. Une famille a été réveillée par des coups violents à la porte de son pavillon. Les occupants se sont barricadés immédiatement, comme l’explique le média local. La police, arrivée sur les lieux, a constaté que la famille n’avait aucun lien avec le grand banditisme.
Cependant, les enquêteurs ont rapidement repéré un élément clé: un des enfants de la famille, absent ce soir-là, avait gagné de l’argent grâce aux cryptomonnaies un an auparavant. À l’arrivée des forces de l’ordre, les intrus ont pris la fuite, laissant derrière eux l’immatriculation de leur véhicule. Quelques heures plus tard, la même équipe a frappé à Gignac-la-Nerthe, où ils ont séquestré deux femmes, dont une sexagénaire, en pleine transaction de cryptomonnaies.
Le mobile: extorquer les cryptomonnaies d’un proche
Les faits confirment le schéma classique des crypto-kidnappings. Les malfaiteurs ne ciblent pas directement la personne qui détient les actifs, mais ses proches, souvent plus vulnérables. Dans cette affaire, les deux femmes séquestrées à Gignac-la-Nerthe ont été choisies parce qu’un membre de leur famille avait accumulé des gains significatifs en cryptomonnaies.
Les suspects tentaient de les forcer à transférer des fonds ou à révéler des clés d’accès. Ce type d’opération repose souvent sur un mode opératoire rodé. Les exécutants, fréquemment de jeunes recrues, sont contactés via des canaux Telegram par des commanditaires qui restent en retrait. Ces derniers exploitent des données fuitées pour identifier les cibles potentielles et leurs entourage.
Un phénomène en pleine expansion
Ce type d’agression, surnommé crypto-raptse multiplie en France depuis le début de l’année 2026. Les malfaiteurs ciblent de plus en plus les proches des détenteurs de cryptomonnaies, jugés plus vulnérables. La région marseillaise, relativement épargnée jusqu’ici, semble désormais touchée par ce phénomène.
Les enquêteurs observent souvent le même mode opératoire: repérage via les réseaux sociaux ou fuites d’informations, intrusion nocturne, séquestration brève et pression immédiate pour obtenir un virement en cryptomonnaies. Dans plusieurs affaires récentes, les ravisseurs ont réussi à soutirer des dizaines, voire des centaines de milliers d’euros en quelques heures.
L’enquête en cours doit déterminer si ces quatre hommes agissaient seuls ou sur commande, et s’ils sont impliqués dans d’autres faits similaires. Pour l’instant, les deux femmes séquestrées à Gignac-la-Nerthe sont saines et sauves.



