Le ministre de l’Économie Roland Lescure a lancé la troisième phase de l’initiative Tibi en France, mobilisant 13 milliards d’euros d’investissements privés supplémentaires pour les technologies de rupture. L’annonce a positionné la nouvelle tranche comme un accélérateur du financement des entreprises innovantes à l’échelle nationale et européenne, lors du démarrage opérationnel de cette phase.
Ce jalon a visé à consolider la place de la France dans la compétition technologique, en privilégiant la souveraineté et les chaînes de valeur scientifiques critiques. L’objectif agrégé a été fixé à 15 milliards d’euros à atteindre d’ici la fin de l’année, afin d’amplifier l’effet de levier sur les start-up les entreprises en croissance et l’attractivité des marchés. Dernière mise à jour: 22 juin 2026.
Phase 3: périmètre, montants et secteurs ciblés
La nouvelle phase a reconduit l’approche de cofinancement, avec une enveloppe de 13 milliards d’euros orientée vers les technologies vertes l’intelligence artificielle et les biotechnologies aux côtés d’autres domaines d’innovation de rupture. Le plan a cherché à combiner capitaux privés et sélection d’opérateurs par des comités d’experts, afin de maximiser l’impact sectoriel et la création de valeur. Les montants ont été articulés comme un record pour un programme public-privé dédié à l’innovation, s’inscrivant dans une trajectoire globale de 15 milliards d’euros.
L’initiative a rappelé sa vocation européenne: le renforcement des financements en France devait contribuer à un écosystème intégré, avec un appel explicite à intensifier les allocations vers des projets à fort effet d’entraînement. L’ambition a inclus des mécanismes de suivi, des critères de sélection resserrés et des indicateurs de performance pour orienter les décisions d’allocation, dans une logique de redevabilité et de transparence.
Priorité deeptech et nouveaux partenaires industriels
La deeptech a été placée au cœur de cette phase: 50% des investissements ont été fléchés vers des entreprises actives dans le quantique l’IA la biotech et la space tech. Cette clé d’allocation a visé à structurer des filières de souveraineté, en cohérence avec le renforcement de la base industrielle et technologique de défense (BITD). La rationalité affichée: resserrer le financement vers des technologies à barrière d’entrée élevée, au cycle de R&D long et aux retombées industrielles significatives.
La phase 3 a réuni une quarantaine d’investisseurs partenaires, avec l’arrivée de nouveaux acteurs industriels et institutionnels. Parmi les entrants figurent Carac, SNCFRATPNaval GroupMBDA et Eutelsat reflétant l’extension vers des usages duals et des applications critiques. Cette diversification a renforcé la capacité d’absorption de projets capitalistiques, tout en connectant les besoins sectoriels de long terme à des véhicules d’investissement spécialisés.
PME/ETI cotées et dimension paneuropéenne
La Caisse des dépôts et consignations a pris en charge un nouveau volet dédié au renforcement des investissements dans les valeurs cotées des PME et ETI désormais éligibles à l’initiative. Ce dispositif a été conçu pour densifier l’écosystème boursier français, fluidifier les passages à l’échelle et soutenir les introductions en bourse. L’objectif a été d’offrir une continuité de financement entre capital-risque, pré-IPO et marchés réglementés, afin de limiter les sorties hors du territoire au moment critique de la croissance.
En parallèle, une ambition européenne renforcée a été affichée avec la création de fonds paneuropéens de taille mondiale. Les gestionnaires de l’écosystème ont été encouragés à augmenter leurs investissements en Europe et à élargir leur base de souscripteurs, notamment auprès d’investisseurs institutionnels internationaux. Cette orientation a visé à faire émerger des véhicules capables de rivaliser avec les standards internationaux, tout en maintenant un ancrage industriel européen.
Gouvernance, suivi et défis opérationnels
La gouvernance a insisté sur la sélection rigoureuse des projets et la mesure d’impact. Des mécanismes d’évaluation et de suivi ont été annoncés pour assurer que les financements répondent aux objectifs de croissance, d’emploi qualifié et d’attraction de talents. La transparence et la responsabilité ont été présentées comme des conditions nécessaires pour préserver la confiance des investisseurs et la crédibilité de l’initiative Tibi.
Parmi les défis identifiés figurent la bonne allocation des fonds vers les entreprises à forte intensité technologique, la coordination entre acteurs publics et privés et la capacité à attirer des co-investisseurs internationaux. La mise en œuvre devra concilier rapidité d’exécution et discipline d’investissement, afin d’éviter la dispersion des moyens et de sécuriser l’émergence de champions technologiques sur le long terme.



