En 2026, le paysage des défaillances d’entreprises en France a montré des signes de ralentissement, mais les chiffres restent préoccupants. Selon la Banque de France 68 602 défaillances ont été enregistrées, soit une augmentation de 3,6 % sur un an. Ce chiffre, bien que marquant un ralentissement par rapport aux hausses spectaculaires des années précédentes, reste supérieur de 15 % à la moyenne de la période 2010-2019.
Les années post-Covid ont été marquées par un effet de rattrapage où de nombreuses faillites ont été évitées grâce aux aides publiques. Cependant, cet effet est désormais largement consommé sauf pour les microentreprises qui représentent 92 % des défaillances recensées en 2026. Pour les autres catégories, comme les TPE, PME, ETI et grandes entreprises, le surplus de défaillances comptabilisé depuis 2026 dépasse même le déficit observé lors de la crise sanitaire.
Les facteurs conjoncturels et structurels en jeu
Les difficultés observées en 2026 ne sont plus uniquement attribuables au contrecoup de la crise du Covid. Selon Emilie Quema directrice des Entreprises de la Banque de France, d’autres facteurs, conjoncturels et structurels, sont à l’œuvre. Parmi ces facteurs, on trouve l’endettement accru des entreprises, les pertes de chiffre d’affaires et le besoin de reconstitution des marges et des trésoreries.
Le taux d’endettement médian des entreprises défaillantes est passé de 25 % en 2019 à 31 % en 2026. Cette augmentation reflète les chocs successifs subis depuis la crise sanitaire, qui ont fragilisé de nombreuses entreprises. De plus, la hausse des créations d’entreprises, avec 1,2 million d’immatriculations en 2026, contribue également à alimenter ces défaillances.
Les microentreprises en première ligne
Les microentreprises sont particulièrement touchées par les défaillances en 2026. Elles représentent 92 % des défaillances recensées, et le rattrapage post-Covid reste incomplet pour cette catégorie. Cette situation souligne la vulnérabilité des plus petites structures face aux chocs économiques.
En revanche, dans les services, le taux de défaillance est plus faible, ce qui montre des nuances selon les secteurs. Cette disparité souligne l’importance de comprendre les spécificités de chaque secteur pour mieux appréhender les défis économiques actuels.
Les tendances récentes et les perspectives
À fin mai 2026, la Banque de France enregistrait 70 077 défaillances sur douze mois. Ces chiffres montrent que, bien que la hausse des défaillances se soit atténuée en 2026, le niveau reste élevé. Cela indique que les difficultés économiques sont désormais moins liées au seul contrecoup de la crise du Covid qu’à des facteurs plus profonds et structurels.
Pour faire face à ces défis, il est crucial de comprendre les dynamiques en jeu et de mettre en place des stratégies adaptées. Les entreprises doivent renforcer leur résilience face aux chocs économiques et structurels pour assurer leur pérennité.


