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14 juillet 2026

Finance solidaire 2026 : 34 milliards d’euros et une dynamique prometteuse

La finance solidaire franchit un nouveau cap en 2026 avec 34 milliards d’euros d’encours. Une croissance portée par des placements performants et engagés.

Finance solidaire 2026 : 34 milliards d’euros et une dynamique prometteuse

En 2026, la finance solidaire a marqué un tournant décisif. Avec 34 milliards d’euros d’encours, soit une hausse de 15 % en un an, ce secteur confirme son attractivité croissante auprès des épargnants français. Cette dynamique reflète une volonté de concilier performance financière et impact social ou environnemental.

Pourtant, derrière ce chiffre impressionnant se cache une réalité plus nuancée. La finance solidaire ne représente encore que 0,52 % de l’épargne financière des ménages français. Une croissance rapide, mais à partir d’une base encore limitée.

Les moteurs de la croissance de la finance solidaire

La progression de la finance solidaire s’explique par plusieurs facteurs combinés. D’abord, les nouvelles souscriptions atteignent 2,5 milliards d’euros en 2026, signe d’un élargissement progressif de la base d’épargnants. Ensuite, les effets de marché ont généré près de 2 milliards d’euros de gains supplémentaires, grâce à la bonne tenue des actifs financiers traditionnels.

Enfin, l’élargissement du périmètre des produits labellisés Finansol a ajouté environ 700 millions d’euros d’encours supplémentaires. Cette combinaison de facteurs illustre la maturité croissante du marché, où l’impact ne remplace plus la recherche de rendement, mais vient s’y ajouter.

L’épargne salariale, un canal clé

L’épargne salariale reste le principal canal de collecte, représentant 54 % des encours, soit 18,5 milliards d’euros. Plus de 13 millions de salariés français ont accès à un plan d’épargne entreprise (PEE) ou à un plan d’épargne retraite collectif (PERCOL ou PERECO), et dans chacun de ces dispositifs, un fonds solidaire est obligatoirement proposé depuis 2008.

Ces fonds ont l’obligation d’investir entre 5 % et 10 % de leur encours dans des entreprises solidaires agréées ESUS (Entreprises solidaires d’utilité sociale). En 2026, ces fonds ont orienté des centaines de millions d’euros vers des structures créant de l’emploi, développant des énergies renouvelables ou favorisant l’accès au logement.

Les banques et assurances accélèrent

Du côté des produits bancaires et d’assurance, la progression est encore plus marquée, avec 14,2 milliards d’euros d’encours, soit une hausse de 19 % sur un an. Les livrets solidaires, comme ceux du Crédit Mutuel et du CIC, ont su attirer de nouveaux épargnants en proposant des taux bonifiés. Par exemple, les Livrets d’Épargne pour les Autres affichent un taux de 2,20 %, rendu possible par le mécanisme du « dividende sociétal ».

Par ailleurs, le contrat d’assurance-vie Responsable et Solidaire de la MAIF, labellisé Finansol, a enregistré une hausse de 924 millions d’euros en un an, confirmant que l’assurance-vie peut devenir un vrai levier pour la finance solidaire.

Des projets concrets dans les territoires

En 2026, 848 millions d’euros de financements solidaires ont été mobilisés vers des projets bien réels. Parmi eux, 67 % ont été alloués à des structures sanitaires et sociales, 25 % à la transition écologique, et 5 % à la solidarité internationale.

Par exemple, à Rennes, l’association Fratries propose des colocations mixtes réunissant jeunes actifs et personnes en situation de handicap mental. Financée par des investisseurs solidaires, chaque maison génère en moyenne 130 000 euros d’économies annuelles pour les finances publiques. À Paris, l’association Siel bleu organise des ateliers d’activité physique adaptée pour des personnes âgées isolées ou en situation de handicap.

Au total, en 2026, la finance solidaire a permis de créer 11 372 emplois, de reloger plus de 2 000 personnes, d’alimenter 73 893 personnes supplémentaires en électricité renouvelable et d’octroyer 28 447 prêts sociaux, dont une majorité à des femmes.