Le 9 juillet 2026, la première stratégie nationale de l’économie sociale et solidaire (SNESS) a été adoptée, mais sans l’adhésion des principaux acteurs du secteur. Cette décision, prise malgré l’abstention unanime des représentants de l’ESS, soulève des questions sur la viabilité des ambitions affichées.
La conférence de presse prévue pour présenter cette stratégie, initialement annoncée par Serge Papin, a été annulée à la dernière minute. Cet événement symbolise les tensions actuelles entre les promesses gouvernementales et les réalités financières du secteur.
Une adoption controversée
La SNESS, fruit de plus d’un an de travail collaboratif, vise à reconnaître pleinement le rôle de l’ESS dans l’économie française à lever les obstacles à son développement, et à sécuriser ses financements. Cependant, son adoption par les seules voix des représentants de l’État au Conseil supérieur de l’ESS a été perçue comme une dissonance entre les paroles et les actes.
ESS France, qui représente les associations, coopératives, mutuelles, fondations et entreprises solidaires, a souligné dans un communiqué que l’ensemble des acteurs de l’ESS, des collectivités territoriales, des personnalités qualifiées et des partenaires sociaux se sont abstenus. Cette abstention massive reflète les préoccupations quant à l’absence de moyens financiers concrets pour soutenir la stratégie.
Les acteurs de l’ESS dénoncent une stratégie sans financement
Les acteurs de l’ESS et les représentants des collectivités territoriales membres du Conseil supérieur de l’ESS (CSESS) ont exprimé leur mécontentement face à l’adoption de la stratégie nationale. Parmi eux, on trouve l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF), Régions de France, le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES), et bien d’autres.
Leur abstention unanime, avec 42 voix contre les 8 voix des représentants de l’État, montre une opposition claire à une stratégie perçue comme vide de sens sans financement adéquat. Les acteurs de l’ESS estiment que les ambitions affichées ne pourront être atteintes sans un engagement financier solide de la part du gouvernement.
Les défis à venir
La SNESS vise à inscrire durablement l’action de l’ESS au cœur des politiques publiques. Cependant, sans moyens supplémentaires, cette intégration risque de rester théorique. Les acteurs de l’ESS appellent à un réel engagement financier pour transformer les promesses en actions concrètes.
Les acteurs de l’ESS espèrent que cette situation évoluera pour permettre à l’économie sociale et solidaire de jouer pleinement son rôle dans l’économie française.


