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assurance vie entière versus comptes de retraite : une comparaison réaliste

un guide francophone pour comprendre les limites de l'assurance vie entière face aux comptes de retraite, avec des comparaisons chiffrées et des conseils pratiques.

4 minutes de lecture

Choisir où placer son épargne pour la retraite demande de distinguer produits d’assurance et produits d’investissement. Beaucoup rencontrent des commerciaux qui présentent l’assurance vie entière comme une alternative sûre et fiscalement avantageuse aux comptes de retraite classiques. Cette approche peut paraître séduisante si l’on met l’accent sur la stabilité nominale et le bénéfice en cas de décès, mais elle souffre souvent d’une comparaison biaisée et d’hypothèses trompeuses.

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Avant d’entrer dans les calculs, il est utile de poser quelques définitions : l’assurance vie entière est un contrat mélangeant une prime versée régulièrement et une valeur de rachat croissante ; un compte Roth est un véhicule après impôt dont les retraits qualifiés sont libres d’impôt. Ces différences fiscales et de liquidité conditionnent fortement la performance réelle pour la retraite.

Mauvaise mise en balance des montants investis

Le principal biais rencontré dans les comparaisons consiste à juxtaposer un million d’euros de valeur de rachat d’une police d’assurance à un million d’euros dans un compte retraite sans tenir compte des apports nécessaires pour atteindre ces montants. L’assurance vie entière est financée avec des euros nets tandis que les comptes retraite différés reçoivent souvent des contributions avant impôt. En conséquence, il faut souvent plusieurs fois plus d’épargne nette pour générer la même somme nominale en cash value d’une police, ce qui fausse immédiatement la comparaison.

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Rendements, retraits et pouvoir d’achat

Une comparaison honnête égalise plutôt les flux d’épargne versés chaque année. En mettant un montant fixe pendant trente ans dans un compte Roth à rendement boursier hypothétique et le même montant dans une police à rendement garanti plus faible, le résultat est clair : le compte retraite produit nettement plus de capital accumulé. Même si certaines illustrations d’assurance promettent un retrait initial plus élevé en pourcentage, ce montant est généralement fixe et non indexé à l’inflation, ce qui entame rapidement le pouvoir d’achat au fil des années.

Exemple chiffré et intuition

Si l’on compare deux voies où l’on verse chaque année la même somme pendant une période longue, la composition des rendements joue un rôle déterminant. Un portefeuille investi majoritairement en actions bénéficie d’un effet cumulatif plus puissant que la croissance lente d’une cash value d’assurance. De plus, la pratique prudente de limiter les retraits à un certain taux de retrait (par exemple autour de 4%) protège contre la séquence de rendement défavorable, alors que les montants extraits d’une police non indexée perdent de leur valeur réelle.

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Risques, garanties et situations particulières

Il est vrai qu’une police d’assurance offre une relative sécurité nominale : dividendes stables, protection face à la faillite de l’assureur limitée par les garants étatiques, et un capital décès apprécié par les héritiers si le décès survient tôt. Pourtant, ces avantages peuvent être obtenus à moindre coût avec une couverture temporaire pour le risque décès et des stratégies d’investissement prudentes ou des rentes viagères pour sécuriser les revenus en phase de décumulation.

Quand la police peut avoir du sens

Il existe des contextes restreints où une assurance vie entière est pertinente : optimisation successorale pour des patrimoines soumis à l’impôt sur les successions, financement d’un ILIT (trust d’assurance) ou besoin d’une indemnité permanente pour un actif clé d’entreprise. Dans ces cas, la fonction principale est la protection et la transmission, pas l’accumulation de revenus pour la retraite.

Pour les conseillers: cessez les comparaisons inéquitables. Si vous vendez encore de l’assurance vie entière comme produit d’épargne principal, considérez d’abord des alternatives honnêtes : encourager le versement jusqu’au match employeur sur un plan d’entreprise, utiliser un HSA lorsque disponible, puis prioriser un Roth IRA ou un compte taxable investi en index funds. Pour des clients extrêmement averses au risque, comparez plutôt l’assurance à des obligations ou des dépôts à terme — pas à un portefeuille actions diversifié.

Conclusion : la rentabilité à long terme et l’inflation favorisent généralement les comptes de retraite et les placements diversifiés pour la constitution d’un revenu de retraite. L’assurance vie entière a des rôles limités et spécifiques; la présenter comme meilleure alternative généralisée est rarement justifié. Posez les bonnes hypothèses, égalisez les conditions et privilégiez la solution qui maximise le capital réel et la flexibilité pour l’épargnant.