Aller au contenu
21 septembre 2026

Attal confie la rédaction de son programme à Pannier-Runacher et Midy

Attal mise sur un duo de poids pour revitaliser son programme avant l’élection de 2027.

Attal confie la rédaction de son programme à Pannier-Runacher et Midy

Face à des résultats persistants en dessous des attentes, l’ancien Premier ministre Gabriel Attal cherche à redonner du dynamisme à sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Le programme présidentiel qu’il souhaite proposer doit désormais être façonné dans un environnement où les débats publics et les propositions concrètes sont primordiaux pour inverser la tendance des sondages.

Nomination d’un tandem historique pour piloter le projet

Le lundi 18 septembre 2026, Attal a annoncé la désignation d’Agnès Pannier-Runacher et du député de l’Essonne Paul Midy comme directeurs du programme. Pannier-Runacher, qui a occupé le portefeuille ministériel de 2018 à 2025 et représente le Pas-de-Calais depuis la dissolution, apporte une expérience gouvernementale étendue. De son côté, Paul Midy, habitué à travailler sur les dossiers économiques et budgétaires au Palais Bourbon, se charge de la coordination opérationnelle. « On a une trentaine de groupes de travail, plusieurs centaines d’experts qui y participent. On annoncera lundi des référents thématiques », a précisé Midy.

Cette équipe ne constitue pas une rupture avec les orientations précédentes. Pannier-Runacher a souligné que le tandem allie une culture à droite et une culture à gauche reflétant la volonté du parti de dépasser les clivages traditionnels tout en s’adaptant au nouveau contexte international. L’objectif est de consolider les bases déjà posées par le parti, d’affiner les propositions et, le cas échéant, de trancher sur les points qui nécessitent une évolution.

Stratégie de relance: débats, experts et ambitions externes

Pour raviver la campagne, Attal mise sur une série de débats publics et sur la mise en avant de nouvelles propositions programmatiques. Le candidat a évoqué l’idée d’organiser des rencontres hebdomadaires similaires à celle du Medef réalisée à la rentrée, estimant que « si un débat comme ça était organisé chaque semaine, on serait en tête des sondages dans quelques mois », a déclaré Midy. Cette approche vise à créer un espace de confrontation d’idées, un point que le candidat reproche à Edouard Philippe jugé insuffisamment engagé dans la confrontation des programmes.

Parallèlement, les travaux du nouveau duo s’inscrivent dans le cadre d’initiatives plus larges, comme le projet « État-Unis d’Europe » présenté récemment par Attal. Cependant, la ligne programmatique ne fait pas l’unanimité au sein de la majorité. Élisabeth Borne a exprimé son désaccord en soulignant que certaines propositions, comme la remise en cause du Code du travail ou la réintroduction du certificat d’études – position semblable à celle du RN – s’éloignent des principes du centre.

Réactions internes et perspectives pour 2027

Le choix de confier la direction du programme à deux figures reconnues du macronisme historique a suscité des réactions contrastées. D’un côté, les partisans d’Attal voient dans ce geste un signe de radicalité contrôlée et une volonté de mobiliser une expertise vaste pour préparer les élections du 18 avril et du 2 mai 2027. De l’autre, certains membres de la majorité redoutent que la mise en avant de certaines réformes puisse affaiblir le consensus autour du parti.

Quoi qu’il en soit, le travail programmatique lancé aujourd’hui représente une tentative claire de réveiller la campagne. La citation d’Attal, « Ce travail programmatique, c’est aussi pour réveiller cette campagne », résume l’enjeu: il s’agit de transformer des idées en actions concrètes, de mobiliser une trentaine de groupes de travail et plusieurs centaines d’experts et de convaincre les électeurs que le projet d’Attal est à la fois cohérent et ambitieux dans le contexte européen actuel.