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26 octobre 2026

Le second tour de la présidentielle 2027 dominé par Le Pen et Mélenchon

Le nouveau baromètre électoral change la donne et le congrès du RN déclenche des affrontements inattendus.

Le second tour de la présidentielle 2027 dominé par Le Pen et Mélenchon

Le paysage politique français s’est à nouveau remué à l’approche de la présidentielle de 2027. Un sondage réalisé par le panel Cluster 17 pour Politico, publié le 26 octobre, montre une nette évolution des intentions de vote, avec Marine Le Pen qui s’affirme en tête, suivie de près par Jean-Luc Mélenchon, tandis qu’Édouard Philippe chute à la troisième place.

Les chiffres clés du nouveau baromètre

Interrogées en ligne du 19 au 20 octobre, 3 000 personnes représentatives de la population de 18 ans et plus ont exprimé leurs préférences. La méthode des quotas a été employée pour garantir la représentativité. Le résultat principal indique 33 % d’intentions de vote pour Marine Le Pen, contre 19,5 % pour Jean-Luc Mélenchon et 16 % pour Édouard Philippe. La marge d’erreur varie entre 0,8 et 1,8 point, rappelant la nature instantanée du sondage. L’étude prévoit également que si Philippe était remplacé par Gabriel Attal, ce dernier ne recueillerait que 12 % des suffrages, un recul de 1,5 point par rapport à septembre.

Conséquences pour les principaux acteurs

Le relèvement de Marine Le Pen à 33 % consolide sa position de favorite pour les deux tours, même après la publication d’allégations antisémites impliquant Jordan Bardella, que le RN conteste fermement. Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, apparaît comme le meilleur challenger face à Le Pen, avec des scores oscillant entre 18,5 % et 19,5 % selon les scénarios envisagés. Raphaël Glucksmann, issu de la primaire sociale-démocrate d’octobre, progresse modestement à 13 %. Du côté de la droite traditionnelle, Bruno Retailleau (LR) recueille 7 % et le libéral David Lisnard atteint 8 %, dernier chiffre qui, lorsqu’il est testé, tire légèrement la moyenne de Le Pen et d’Éric Zemmour vers le bas.

Le congrès du RN à Orléans : discours et tensions

Le même jour, le Rassemblement national a tenu son congrès à Orléans, où Marine Le Pen a présenté son projet de « renaissance » française, promettant une transformation sans « rupture brutale ». Elle a annoncé l’intention de former un gouvernement d’union nationale, présidé par le jeune dirigeant Jordan Bardella, afin d’unir un pays qu’elle décrit comme « fracturé ». Dans le même temps, l’UEJF a dénoncé l’évacuation spectaculaire d’un groupe de militants qui brandissaient une banderole contre le parti, affirmant que le service de sécurité du RN les avait expulsés de force. Un journaliste de Mediapart a aussi rapporté avoir été bousculé dans les escaliers par la même équipe de sécurité, avant de recevoir l’invitation « retourner au bled ».

Réactions des adversaires

Jean-Luc Mélenchon a réagi sur X en qualifiant la foule du congrès de « abrutie de haine », dénonçant ce qu’il perçoit comme une glorification de la violence de rue. De son côté, le RN a nié les accusations d’agressions et a réaffirmé son engagement à inscrire le principe de « communauté nationale » dans la Constitution, rejetant le communautarisme au profit d’une identité unitaire. Enfin, la candidate a déclaré que, si elle accédait à l’Élysée, la France deviendrait une « nation de paix » et s’engageait à ne pas envoyer les jeunes combattre dans des guerres étrangères.

Ce sondage place clairement Marine Le Pen en pole position, réduit la visibilité d’Édouard Philippe et ouvre la voie à un possible duel avec Jean-Luc Mélenchon au second tour. Parallèlement, le congrès du RN à Orléans a mis en lumière les tensions persistantes entre le parti d’extrême droite et ses détracteurs, tout en illustrant la stratégie de Le Pen visant à présenter une gouvernance inclusive, même si les critiques restent vives.