Le jeudi 15 octobre 2026, Jean-Noël Barrot ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Cette démarche s’inscrit dans une stratégie visant à rassembler les électeurs qui souhaitent se tenir à l’écart du « double poison » de l’extrême droite et de l’extrême gauche.
Une primaire qualifiée de « grande » pour les modérés
Barrot a décrit l’initiative comme une grande primaire destinée aux citoyens qui souhaitent éviter les dérives des deux pôles extrémistes. Le ministre a précisé que cette ouverture était un appel à la modération, en invitant explicitement Glucksmann à rejoindre le processus. Selon lui, cette « grande primaire » doit permettre à ces électeurs de se regrouper autour d’une offre centriste capable de concurrencer les discours polarisants.
Loin de la présidentielle, les législatives comme nouveau levier
Dans la même interview, Barrot a dénoncé l’obsession française pour l’élection présidentielle, jugeant que celle-ci était souvent perçue comme la solution miracle à tous les problèmes, avant de laisser un sentiment de déception. Il a ajouté que, dans le contexte actuel, les législatives de 2027 revêtent une importance capitale: le futur président ou la future présidente ne disposera pas d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. « C’est aussi à cela que nous, au MoDem, nous travaillons », a conclu le ministre, soulignant l’engagement du parti dans la construction de ces alliances.
Réactions et autres dynamiques politiques
Parallèlement, le sénateur Bruno Retailleau porte-parole de LR, a adressé une lettre à Édouard Philippe candidat favori du bloc central dans les sondages, afin d’organiser un débat public. Retailleau a insisté sur la nécessité d’une confrontation franche des projets, refusant les réunions « d’appareil » et rappelant que chaque formation politique doit défendre ses convictions sans compromis préalable.
Un autre éclairage vient d’un sondage réalisé du 7 au 9 octobre par l’institut Cluster 17 pour le magazine Marianne. Il révèle que 56 % des Français accordent davantage de crédibilité à Mediapart qu’à Jordan Bardella concernant les propos antisémites qui lui sont attribués, contre seulement 18 % qui soutiennent la version du RN. Malgré cette division, 87 % des électeurs du Rassemblement National restent prêts à excuser le jeune âge de Bardella au moment des faits, et seulement 4 % envisagent de changer leur vote.
Ces éléments montrent que, au-delà de la primaire ouverte du centre, le paysage politique français reste fortement fragmenté, avec des appels à la coopération mais aussi des résistances à l’entente entre les diverses forces. La façon dont le bloc central réussira à transformer cette dynamique en une coalition stable déterminera en grande partie l’orientation du débat législatif à l’automne 2027.



